Les experts brandissent le spectre d’une 3e vague, le MR et d’autres experts répliquent: le retour de la cacophonie

Alors que la Belgique revendique l’un des meilleurs taux d’infections en Europe, un nouveau rapport alarmant rédigé par des experts souligne l’importance de respecter les mesures actuelles. Faute de quoi, le nouveau variant britannique devrait être responsable de 90% des infections d’ici un mois. 

Les conclusions des experts sont sans appel. Le nouveau variant est 65% plus contagieux et plane comme une menace sur le territoire belge. ‘Cet impact ne doit en aucun être sous-estimé’, a souligné le virologue Marc Van Ranst hier soir, interrogé par la VRT. Il estime par ailleurs qu’il ‘n’y a pas de perspective pour les métiers de contact’. Une sortie qui a agacé dans les rangs du MR et de son président Georges-Louis Bouchez.

Le virologue a répliqué par des données sur lesquelles s’est basé le comité d’experts. Pas de quoi convaincre le président des libéraux: ‘C’est juste une projection mathématique qui ne repose sur rien … vous avez une étude de cas sur la base des infections réelles constatées par le tracing ? Quid d’une étude comme aux USA ? Ce ne sont pas des études ce que vous présentez. Un coiffeur contamine combien de gens ?’

Au niveau du variant, le rapport, rédigé par 17 experts, s’appuie sur près de 1.800 échantillons positifs au Covid. Un rapport qui a été adressé aux ministres qui gèrent la crise sanitaire. L’un des principaux facteurs qui expliqueraient cette soudaine flambée des cas britanniques serait les retours de voyages hors du territoire belge.

‘Les résultats obtenus dans les autres pays  font état d’une contagiosité entre 30% et 70% plus importante’, poursuit-il. ‘En Belgique, nous arrivons à 65% avec les chiffres dont nous disposons. Nous devons être très conscients que le variant [qui existe depuis un certain temps déjà] est plus contagieux’. 

Une troisième vague?

Des propos corroborés par Emmanuel André, l’un des auteurs de l’étude. ‘Petit à petit, ce variant va remplacer tous les autres et devenir la souche principale.’ Il n’hésite d’ailleurs pas à parler de troisième vague.

La Belgique pourrait se retrouver en difficulté en février ou en mars: ‘On pourrait arriver à un taux de reproduction de 1,6’, a ajouté Marc Van Ranst. Ce qui signifie que 10 personnes contaminées en affecteront 16. ‘C’est plus qu’au Royaume-Uni, où  cette valeur se chiffre aujourd’hui à 14′. 

Mais comme les experts le soulignent: ‘Aujourd’hui nos capacités de testing sont plus agressives, et la vaccination avance bien. On a beaucoup d’armes pour mener une bataille contre le virus. Nous avons le pouvoir de rompre ces chaines de transmission’, ont-ils rappelé. Mais ‘il faut que chacun fasse davantage attention à son niveau.’ 

Marius Gilbert, lui, se montre plus réservé sur la perspective d’une 3e vague. Interviewé sur BEL RTL, il affirme que ‘le dispositif tient bon pour le moment, mais qu’il faut garder à l’œil les indicateurs et être prêt à intervenir rapidement’.

Pour le médecin épidémiologiste Yves Coppieters, les experts qui conseillent le pouvoir exécutif sont trop alarmistes. ‘Ils envisagent toujours le scénario du pire’, a-t-il déclaré dans la DH. Il enjoint les experts et politiques d’apporter une vision plus globale: ‘On pouvait admettre cette vision purement sanitaire dans la première vague et au début de la seconde. Pas au bout d’un an. Si la stratégie n’évolue pas, la société va s’écrouler.’

L’enjeu, c’est le le respect des consignes. Pas sûr que toutes ces informations contradictoires y contribuent.

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