Les États-Unis convoitent les données des smartphones de la population pour lutter contre le coronavirus

(Photo: Wolfgang Kumm/dpa)

Selon le Washington Post, la Maison Blanche et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) demandent à Facebook, Google, Twitter, Apple, Amazon, Microsoft, IBM, Cisco et d’autres entreprises technologiques de leur donner un accès plus étendu aux données de localisation des Américains via leurs smartphones. Washington veut ainsi lutter contre la propagation du coronavirus.

Surveillance syndromique

Les données anonymes et regroupées sur les utilisateurs, collectées par les entreprises technologiques, peuvent être utilisées par le gouvernement pour cartographier la propagation de la maladie – une pratique connue sous le nom de ‘surveillance syndromique’. Les données peuvent également être utilisées pour vérifier si les gens respectent la ‘distance sociale’.

Des discussions sur ce sujet ont eu lieu ces derniers jours entre les représentants des grandes entreprises technologiques et le gouvernement. Washington fait de l’obtention de ces données une priorité absolue.

Des méthodes de surveillance similaires et encore plus agressives ont déjà été utilisées en Chine, en Corée du Sud et en Israël. Mais les défenseurs de la vie privée se méfient de la possibilité que le gouvernement ait d’autres projets concernant les données

Les entreprises tech en position délicate

En tout état de cause, les entreprises technologiques sont dans une position difficile: elles doivent désormais trouver un équilibre entre leurs responsabilités en matière de protection de la vie privée des utilisateurs et leur devoir moral de contribuer à la lutte contre une maladie qui a coûté des milliers de vies et paralysé l’économie mondiale.

Selon un certain nombre de sources, les données seraient rendues anonymes et le gouvernement n’aurait pas accès à la localisation de certaines personnes. En outre, les utilisateurs seraient obligés de s’enregistrer eux-mêmes.

Facebook fournit déjà aux scientifiques et aux ONG de certains pays des données anonymes pour aider à prévenir les maladies. La société estime qu’un effort similaire peut aider à comprendre et à combattre la propagation du virus. D’autres sources avertissent que le transfert de ces données au gouvernement conduira à l’érosion de la vie privée des individus à l’avenir, surtout si le gouvernement exige des données non anonymes.

Lire aussi: