Les entreprises belges continuent de bouder massivement le budget mobilité, alors que la date limite approche


Principaux renseignements

  • Les entreprises belges sont en retard par rapport aux futures obligations légales relatives au budget de mobilité.
  • Parmi les rares salariés qui optent pour un budget mobilité, ce sont les modes de transport durables qui remportent le plus de succès.

D’après des données récentes du spécialiste des ressources humaines Acerta, basées sur 350 000 salariés et 26 000 entreprises du secteur privé, il apparaît que la plupart des entreprises belges ne recourent pas encore au budget mobilité. À l’heure actuelle, seules 5,1 pour cent des entreprises disposant d’un parc automobile proposent cette possibilité.

Les obligations légales se rapprochent toutefois à grands pas. Les organisations comptant 50 salariés ou plus devront proposer le budget mobilité au plus tard le 1er janvier 2027. Les entreprises plus petites, comptant au moins 15 salariés, suivront d’ici 2028.

Faibles taux d’adoption 

Parmi les grandes entreprises déjà soumises à l’échéance de 2027, seules 13,5 pour cent ont mis en place ce système. Pour les petites entreprises (de 15 à 50 salariés), le taux d’adoption s’élève à 6,9 pour cent.

Malgré une légère tendance à la hausse depuis 2025, un écart significatif subsiste entre les pratiques actuelles et les futures obligations légales.

Principaux obstacles à la mise en œuvre

Selon Charlotte Thijs, d’Acerta, plusieurs obstacles entravent une adoption généralisée. Près de la moitié des employeurs interrogés font état d’un manque d’intérêt de la part de leur personnel, tandis qu’environ 39 pour cent citent les contrats de location existants comme un obstacle.

De plus, environ 35 pour cent des chefs d’entreprise hésitent en raison du flou réglementaire. Un point de discorde particulier concerne la possibilité d’utiliser ces fonds pour rembourser un crédit immobilier ou payer un loyer, une disposition que près de 59 pour cent des employeurs souhaiteraient voir restreinte ou supprimée.

Préférences et utilisation par les salariés

Le budget mobilité permet aux salariés éligibles d’échanger leur voiture de fonction contre l’une des trois options suivantes : un véhicule plus respectueux de l’environnement, des modes de transport durables (tels que le vélo ou les transports en commun), ou une indemnité en espèces.

Parmi ceux qui ont opté pour ce dispositif, le deuxième pilier – les transports durables – est extrêmement populaire, choisi par 92,8 pour cent des participants début 2026. En revanche, seuls 4,4 pour cent des salariés éligibles sont effectivement passés d’une voiture de fonction traditionnelle à un budget mobilité.

Avantages stratégiques

Malgré les obstacles administratifs – qui inquiètent 40,6 pour cent des employeurs – , nombreux sont ceux qui perçoivent la valeur stratégique de cette transition. Plus de 56 pour cent des entreprises estiment que proposer un budget mobilité améliore leur image, beaucoup s’en servant pour attirer de nouveaux talents et projeter une identité d’entreprise moderne.

Les experts conseillent aux grandes entreprises de commencer dès maintenant à élaborer leurs politiques, en coordonnant les efforts entre les services financiers, la paie et les ressources humaines afin d’assurer une transition en douceur avant que la législation n’entre pleinement en vigueur.

(at)

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