Les données de localisation issues de Pokémon GO contribuent au développement de l’IA pour les drones militaires


Principaux renseignements

  • Les données spatiales de Pokémon Go alimentent désormais l’IA des drones militaires.
  • Vantor, une entreprise spécialisée dans les logiciels de navigation par drone, exploite cette technologie pour naviguer dans des zones de combat où le GPS est indisponible.
  • Les experts avertissent que l’utilisation de données civiles engendre de graves risques éthiques.

Les informations recueillies grâce au jeu à succès de réalité augmentée Pokémon Go ont été utilisées pour développer une intelligence artificielle capable d’aider les drones militaires dans des environnements de combat. En exploitant les données spatiales collectées auprès de la base d’utilisateurs mondiale du jeu, des modèles d’IA ont été entraînés à identifier et à comprendre l’environnement physique, ce qui est essentiel pour les drones opérant dans des zones où les signaux GPS sont peu fiables ou intentionnellement bloqués.

Des scans de points de repère à la navigation par drone

Ces données proviennent d’une fonctionnalité du jeu lancée en 2021 qui encourageait les joueurs à scanner des points de repère du monde réel pour obtenir des avantages dans le jeu, à condition qu’ils acceptent de partager leurs enregistrements. Niantic, le développeur du jeu, a utilisé ces contributions volontaires pour affiner ses modèles d’IA spatiale avant de se séparer de sa division jeux vidéo en 2025.

Par conséquent, Niantic a conclu un partenariat avec Vantor, une entreprise spécialisée dans les logiciels de navigation par drone, afin d’aider les systèmes autonomes à conserver une conscience situationnelle lorsque les signaux satellites sont brouillés ou falsifiés.

Contrat de plus de 200 millions de dollars

Peter Wilczynski, directeur des produits chez Vantor, a souligné que cette synergie permet l’intégration rapide de nouveaux matériels sur les champs de bataille modernes complexes. Bien que Niantic et Vantor aient précisé que les scans bruts des joueurs n’avaient pas été transmis directement, ils ont admis que les modèles de base de l’IA — construits à partir de ces données civiles — alimentaient la technologie.

Vantor a déjà décroché un contrat d’une valeur pouvant atteindre 217 millions de dollars avec l’armée américaine pour des logiciels de formation.

Dilemmes éthiques

Cette transition de l’activité civile vers une utilisation militaire a suscité des préoccupations éthiques. Tom Sulston, de Digital Rights Watch, fait valoir que les utilisateurs lisent rarement les conditions générales denses et complexes avant de jouer à un jeu, ce qui rend une telle exploitation problématique. Il suggère que les organismes de réglementation devraient mettre en place des normes « justes et raisonnables » pour protéger les consommateurs contre le fait d’être traités comme des produits.

Une tendance croissante aux données à double usage

Renforçant cette préoccupation, le Dr Rob Nicholls, de l’université de Sydney, suggère qu’il ne s’agit là que du début d’une tendance plus large. Il a cité des exemples antérieurs où les données d’une application de fitness de Strava ont révélé l’emplacement de bases militaires secrètes, illustrant le risque persistant lié aux données à double usage.

Parallèlement, la division jeux vidéo de Niantic a été rachetée par la société saoudienne Scopely pour 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros) en 2025.

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