Les dividendes touchent un plus grand nombre de personnes que ne le pensent certains politiciens

(Colruyt)

‘Pas d’augmentation de salaire, alors pas de dividendes.’ Avec cette association, le président du Vooruit, Conner Rousseau, entend frapper les propriétaires des grandes entreprises et forcer une percée dans les négociations salariales nationales qui sont au point mort. Mais les dividendes ne sont pas réservés aux grands employeurs. Les retraités et les employés d’entreprises comme Colruyt comptent également sur eux.

Un dividende est le bénéfice qu’une société distribue à ses actionnaires. Il n’est pas exempté d’impôt puisque les distributions de bénéfices sont soumises à une retenue à la source de 30%. Les dividendes sont une rémunération pour les fournisseurs de capitaux, mais ceux-ci ne sont pas toujours de riches dirigeants d’entreprise. Voici un aperçu des nombreuses fonctions sociales que remplissent les dividendes.

1/ Une alternative au taux d’épargne

Les taux d’intérêt sur les comptes d’épargne étant historiquement bas depuis plusieurs années, de nombreux retraités et autres épargnants se sont retrouvés sans réelle plus value. Le paiement annuel d’intérêts a été pratiquement éliminé, alors qu’il permettait parfois de mettre du beurre dans les épinards. Beaucoup ont donc vu dans les actions à dividendes, qui font tout pour verser un bonus chaque année, une alternative. Il s’agit notamment d’entreprises comme Ageas ou encore Elia. Il suffit d’assister aux assemblées générales de ces sociétés pour constater que pour bon nombre de ces petits retraités, le versement prévisible des dividendes est une question importante. Certaines sociétés versent également un dividende intermédiaire quand c’est possible, de sorte que les investisseurs reçoivent un paiement deux fois par an.

2/ Un moteur invisible pour les fonds d’investissement

Selon l’organisation patronale de la FEB, plus de 40% des Belges placent leur épargne directement ou indirectement en actions. Cependant, beaucoup de gens ne s’en rendent pas compte, car les actions et les dividendes sont stockés de manière invisible dans leur fonds d’investissement pour les années à venir, ou bien dans leur fonds de pension qui ne commence à verser de l’argent que lorsqu’ils prennent leur retraite.

3/ Une compensation pour les entrepreneurs

En matière de dividendes, les distributions des sociétés cotées en bourse sont le plus souvent médiatisées. Mais il y a également les distributions de bénéfices des entreprises non cotées, qu’il s’agisse de grandes entreprises familiales ou du petit entrepreneur indépendant du coin de la rue. Leur investissement n’a généralement rien à voir avec la spéculation ou l’argent rapide. Ces investisseurs ou entrepreneurs ont confié leur argent à un projet commercial par définition incertain et prennent donc des risques. Le dividende peut être considéré comme une compensation pour cette prise de risque.

4/ Le personnel en tant que copropriétaires

Dans des entreprises comme KBC ou Colruyt, le personnel est coactionnaire grâce à des formules de participation financière des employés. Le raisonnement est que si les employés sont copropriétaires, ils se sentiront plus impliqués dans la réalisation des objectifs de l’entreprise. La participation des salariés va donc à l’encontre de l’opposition classique entre le salaire du travail et les dividendes du capital.

5/ Une bulle d’oxygène pour les finances publiques

De nombreuses villes et communes dépendent des dividendes versés par les grandes entreprises énergétiques, par exemple, pour maintenir leur budget à flot. Un gel des dividendes affecterait donc aussi ces collectivités locales. Le gouvernement fédéral est également un important bénéficiaire de dividendes, notamment ceux de Proximus, Belfius et BNP Paribas. Si ces entreprises ne sont pas autorisées à distribuer leurs bénéfices, il y aura un trou dans les caisses de l’État.

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