Principaux renseignements
- L’ascension de Reform UK menace de déclencher une grave instabilité constitutionnelle dans les régions celtiques.
- Le gouvernement irlandais devrait élaborer de manière proactive des plans en vue d’une éventuelle réunification, afin de parer à l’instabilité politique qui pourrait résulter d’une montée du nationalisme anglais.
- La politique de Nigel Farage pourrait, dans certains scénarios, entraîner une incertitude quant aux transferts financiers au sein du Royaume-Uni.
Les personnalités politiques des régions celtiques commencent à élaborer des stratégies en prévision d’un éventuel effondrement du Royaume-Uni, sous l’impulsion de la montée en puissance de Nigel Farage et de son parti Reform UK. C’est ce que rapporte The Guardian.
Une appréhension grandissante se fait sentir tant chez les unionistes que chez les nationalistes : une victoire de Reform UK – que ce soit en tant que parti au pouvoir ou en tant que force d’opposition dominante – pourrait déclencher une grave instabilité constitutionnelle.
Politique anti-immigration
Les craintes s’intensifient quant à la possibilité qu’un gouvernement dirigé par Farage mette en œuvre des politiques anti-immigration agressives rappelant les opérations de l’ICE aux États-Unis.
Mark Drakeford, ancien premier ministre du Pays de Galles, a laissé entendre qu’un tel changement dans la gouvernance britannique pourrait aliéner les nations celtiques et imposer une réévaluation brutale de l’avenir du Royaume-Uni. Il a fait valoir que, l’union étant un partenariat volontaire, les nations doivent disposer de l’autonomie nécessaire pour décider de rester ou de partir, en particulier si le climat politique à Londres évolue trop rapidement pour permettre un débat mesuré.
Planification proactive en Irlande
En Irlande, les responsables mettent en garde contre le risque de se contenter d’un rôle d’observateurs passifs. Le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, estime que Dublin doit planifier de manière proactive la réunification afin d’éviter que le calendrier ne soit dicté par le nationalisme anglais.
Ce sentiment est partagé par la dirigeante du SDLP, Claire Hanna, qui affirme que le « phénomène Farage » fait désormais partie intégrante de la politique britannique. Elle suggère que les subventions financières accordées à l’Irlande du Nord pourraient être utilisées comme arme par Reform UK, à l’instar des arguments financiers avancés lors de la campagne sur le Brexit, pour justifier une séparation soudaine.
De même, Conor Murphy, du parti politique Sinn Féin, a averti que l’approche imprévisible de Farage, à la manière de Trump, pourrait le conduire à se débarrasser complètement du fardeau financier que représente l’Irlande du Nord. Il a exhorté le gouvernement irlandais à établir des règles de base claires pour un référendum sur la réunification tant qu’il reste encore des acteurs rationnels au sein de la fonction publique britannique, afin de se prémunir contre un chaos potentiel.
Tensions juridiques
D’un point de vue stratégique, le parti politique Fine Gael prépare un cadre pour une Irlande unifiée. L’ancien Premier ministre irlandais Leo Varadkar a fait remarquer que, même si un gouvernement « Reform » semble peu probable, sa formation ferait office de catalyseur pour un référendum sur la frontière.
Cela est particulièrement préoccupant compte tenu de la volonté de Farage de se retirer de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et de renégocier l’Accord du Vendredi saint afin de renforcer les contrôles aux frontières. Il est intéressant de noter qu’une étude de l’université Queen’s de Belfast indique que le soutien à la sortie de la CEDH est en réalité plus élevé en Irlande du Nord que dans le reste du Royaume-Uni, ce qui ajoute une dimension complexe aux tensions constitutionnelles de la région.
(at)
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