Institut syndical européen : « L’UE doit mieux protéger les travailleurs contre les vagues de chaleur extrêmes »


Principaux renseignements

  • L’Institut syndical européen (ETUI) réclame une réglementation à l’échelle de l’UE pour protéger 130 millions de travailleurs contre les vagues de chaleur extrêmes.
  • La hausse des températures fait chuter la productivité du travail dans toutes les régions européennes.
  • Des évaluations obligatoires des risques peuvent prévenir des milliers d’accidents liés à la chaleur chaque année.

L’Institut syndical européen (ETUI) réclame de nouvelles réglementations à l’échelle de l’UE pour protéger les salariés contre les dangers croissants liés aux canicules. Alors que l’Europe est de plus en plus souvent confrontée à des pics de température exceptionnels, une étude récente de l’institut souligne l’urgence de mettre en place des cadres juridiques visant à protéger la santé sur le lieu de travail.

Coût humain du stress thermique

L’ampleur de la crise est considérable : environ 130 millions de travailleurs à travers le continent souffrent de stress lié à la chaleur. Cette pression environnementale entraîne chaque année environ 230 décès et 277 000 blessés.

Les données de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail confirment cette tendance. Environ 20 pour cent des travailleurs de l’UE ont été confrontés à une chaleur extrême sur leur lieu de travail au cours d’une année.

Vulnérabilité géographique croissante

Alors que les régions du sud continuent d’être confrontées aux conditions les plus sévères, les experts avertissent que la menace s’étend. Le professeur Andreas Flouris, de l’université de Thessalie, a noté que c’est en Europe centrale et septentrionale que l’on observe la croissance la plus rapide des accidents liés à la chaleur, ce qui suggère que ces régions plus fraîches rattrapent rapidement le sud en termes de vulnérabilité. C’est ce qu’il a déclaré à Euronews.

Perte de productivité

Au-delà de la santé physique, la chaleur excessive nuit considérablement à la production économique. Flouris explique que la productivité du travail atteint son maximum à 16 °C ; chaque degré au-delà de ce seuil entraîne une baisse moyenne de l’efficacité de 2 pour cent.

Lors de vagues de chaleur intenses, la productivité chute de 20 pour cent à 25 pour cent dans le sud, de 8 pour cent à 14 pour cent en Europe centrale et jusqu’à 6 pour cent en Scandinavie.

Mesures politiques proposées

Pour lutter contre ces tendances, l’ETUI préconise l’instauration d’une obligation légale imposant aux employeurs de réaliser des évaluations formelles des risques liés à la chaleur. Le chercheur Marouane Laabbas-el-Guennouni affirme que l’identification des dangers spécifiques est le seul moyen de prévenir efficacement les blessures.

De plus, le rapport suggère d’aller au-delà des simples relevés de température, en proposant un indice plus complet qui intègre la vitesse du vent et l’humidité afin de mesurer avec précision le stress thermique. Les vagues de chaleur étant prévisibles et quantifiables, les chercheurs soutiennent que ces conséquences négatives sont tout à fait évitables grâce à des mesures politiques appropriées. (lv)

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