Principaux renseignements
- Les cours du zinc ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans en raison de la chute des stocks du LME.
- Les déficits de production et les perturbations météorologiques alimentent une pénurie mondiale de l’offre.
- Les actions des sociétés minières ont bondi, la demande industrielle maintenant les cours à un niveau élevé.
Les cours du zinc ont bondi pendant sept séances consécutives, atteignant 4.107 dollars par tonne (environ 3.500 euros) à la Bourse des métaux de Londres (LME). Il s’agit du niveau le plus élevé depuis juin 2022, soit une hausse de 55 pour cent par rapport aux plus bas enregistrés mi-2025.
La chute des stocks fait grimper les coûts
Le principal catalyseur de cette flambée des prix est une baisse significative des stocks disponibles. Les stocks entreposés au LME ont chuté d’environ 64 pour cent, passant de 264 000 tonnes fin 2024 à environ 95 000 tonnes. Cette pénurie a contraint les acheteurs à proposer des offres plus élevées pour s’assurer un approvisionnement en métal, ce qui a fait grimper la prime au comptant par rapport aux contrats à terme à trois mois à 132 dollars la tonne (environ 113 euros), un pic qui n’avait plus été observé depuis décembre 2025.
Déséquilibre géographique des stocks
Un déséquilibre géographique notable alimente encore davantage cette remontée. Alors que les stocks du LME s’amenuisent, ceux de la Bourse à terme de Shanghai ont en réalité augmenté. Comme la logistique, les coûts de transport et les réglementations en matière de livraison empêchent les réserves chinoises de compenser rapidement les pénuries occidentales, la pression sur les prix reste concentrée sur les marchés du LME.
Obstacles à la production et déficits mondiaux
Les difficultés de production viennent aggraver ces inquiétudes liées à l’offre. En Chine, de graves inondations et de fortes pluies ont entravé la fusion et l’exploitation minière ; la maintenance de certaines usines et les ajustements dans les mines devraient réduire la production de plusieurs milliers de tonnes. À l’échelle mondiale, les principaux acteurs du secteur font état de chiffres en baisse ; Glencore a vu sa production propre chuter de 21 pour cent au premier semestre 2026, et Boliden a enregistré une baisse trimestrielle de 16,8 pour cent. Si Nexa a fait état d’une croissance, la tendance générale va dans le sens d’une contraction. En effet, le marché mondial du zinc raffiné est passé d’un excédent en mai à un déficit de 31 400 tonnes en juin.
Prévisions des experts et stabilité de la demande
Les analystes restent prudents quant aux perspectives pour l’année à venir. HSBC prévoit une baisse de 2,1 pour cent de la production mondiale pour 2026, principalement due à des pertes de production en Amérique latine, tandis que J.P. Morgan prévoit que les prix resteront élevés, la demande augmentant dans un contexte de resserrement de l’offre. La consommation stable dans les secteurs de l’automobile, de la construction et de l’industrie garantit que la demande reste un soutien solide pour les prix.
Flambée des actions du secteur minier
Cette tendance du marché a eu un impact positif sur la Bourse, les sociétés minières telles que Nexa Resources, Teck Resources et Glencore ayant vu le cours de leurs actions bondir de 46 pour cent à 60 pour cent depuis le début de l’année 2026.
Risque de volatilité future
Malgré cette dynamique haussière, le marché est confronté à un risque de volatilité. La hausse rapide des prix pourrait déclencher des prises de bénéfices de la part des traders, et une augmentation des exportations chinoises pourrait atténuer la pénurie actuelle en Occident. Les fluctuations futures des prix dépendront probablement de la poursuite de la baisse des stocks du LME ou de la correction des déséquilibres régionaux grâce à une augmentation des flux commerciaux.
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