Les constructeurs de voitures électriques accordent plus d’importance à l’autonomie qu’à l’empreinte carbone

La plupart des constructeurs de véhicules électriques s’attachent davantage à accroître l’autonomie de leurs véhicules et à faire baisser les coûts qu’à réduire l’empreinte carbone des voitures, malgré les recherches de plus en plus nombreuses sur leur impact environnemental caché.

C’est ce que révèle un rapport de la société technologique Hexagon, de Wards Intelligence et de l’Informa Tech Automotive Group (ITAG), basé sur une enquête mondiale menée auprès de plus de 400 spécialistes de la mobilité électrique.

Pollution

L’utilisation de véhicules électriques élimine les émissions de gaz d’échappement. Cependant, dans le même temps, elle augmente la demande de combustibles fossiles. Car les voitures doivent compter sur une électricité souvent produite via des combustibles fossiles.

En outre, leur production fait appel à des matériaux et des procédés qui nécessitent beaucoup d’énergie. Là aussi, les combustibles fossiles sont souvent impliqués.

Des constatations également confirmées par un rapport du constructeur automobile Volvo. Il montre que les véhicules électriques polluent de manière inattendue.

« L’extraction des ressources pour un groupe motopropulseur électrique entraîne d’importantes émissions de gaz à effet de serre », concède l’étude du constructeur suédois. « Pour annuler cet impact négatif, les véhicules électriques doivent parcourir près de deux fois plus de kilomètres que les voitures à essence. »

Malgré l’attention croissante portée à l’impact environnemental, selon la nouvelle étude, seuls 38% des constructeurs automobiles investissent actuellement dans une conception plus durable de leurs véhicules électriques.

Dans le même temps, l’enquête a révélé que 84% des constructeurs déclarent investir dans l’amélioration de l’autonomie de leurs voitures. En outre, 60% d’entre eux ont indiqué qu’ils investissent dans des conceptions qui réduisent les coûts de production de la voiture, de sorte qu’un produit moins cher puisse être proposé au client. Enfin, 58% se concentrent sur les investissements qui devraient améliorer les performances de la voiture.

Inquiétudes face au manque d’alternative aux métaux rares

Interrogés sur les difficultés qu’ils rencontrent dans le développement des véhicules électriques, 56% des constructeurs ont cité le manque d’alternatives aux métaux rares utilisées dans les batteries. En outre, 49% s’inquiètent du manque de matériaux recyclables pour ces batteries, tandis que 47% mentionnent des problèmes d’infrastructure.

« L’étude montre clairement que les constructeurs automobiles réalisent que la durabilité ne se limite pas à l’élimination des émissions dans le trafic », notent les chercheurs.

« Dans le même temps, il apparaît clairement que, malgré ces connaissances, les constructeurs automobiles ressentent davantage de pression pour répondre aux attentes des consommateurs que pour se concentrer pleinement sur les objectifs fondamentaux de la voiture électrique, à savoir la réduction de l’impact écologique du trafic automobile. »

Ignazio Dentici, vice-président de la mobilité électrique chez Hexagon, souligne que les fabricants sont confrontés à un défi complexe. D’un côté, il y a la demande de mobilité durable, mais en même temps, il faut offrir un produit commercial qui puisse susciter l’intérêt des consommateurs.

Dans le même temps, cependant, il faut également faire face à des goulets d’étranglement tels que la pénurie de matières premières et la pénurie de composants.

« Ce n’est qu’en axant la conception sur une économie circulaire – de l’usine au consommateur – que l’on pourra réduire la demande d’énergie et de matériaux dans les années à venir », fait valoir M. Dentici. « Avec cela, le secteur doit se concentrer sur l’utilisation de matériaux plus légers et recyclables et sur des processus plus efficaces. »

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