Autosuffisance énergétique : l’Europe ne pourra pas couvrir plus de 30% de ses besoins en Lithium, en cobalt ou en nickel

Alors que les moteurs à énergie fossile doivent disparaître dès 2035, la capacité de l’Europe à électrifier massivement son parc automobile pose question. Si les usines se bâtissent et que les nouvelles voitures arrivent sur le marché, il faut des métaux rares pour produire toutes ces batteries électriques. Et l’UE risque de se retrouver bien démunie.

Alors que les constructeurs européens se lancent éperdument dans la course aux voitures électriques et que des firmes américaines comme Tesla s’implantent sur le vieux continent, la question de l’approvisionnement en matières premières pour toutes ces batteries se fait de plus en plus pressante. Très attendu, un rapport dirigé par Philippe Varin, l’ancien PDG du groupe PSA Peugeot Citroën et remis ce lundi au gouvernement français se veut plutôt pessimiste : l’Union européenne accuse du retard sur ses grands concurrents internationaux.

Dépendance chinoise

Selon ce document, d’ici 2030, l’Europe ne produira pas plus de 30% de ses besoins en minerais stratégiques nécessaires pour produire les batteries destinées à l’électrification massive du trafic routier ; des métaux rares tels que le lithium, le cobalt et le nickel, qui sont en train de remplacer l’or noir sur l’échiquier politico-économique mondial. Et c’est là un maximum, estime l’industriel: « L’Union européenne est clairement en retard sur la Chine qui a pris 20 ans d’avance sur le contrôle de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en minéraux et métaux stratégiques afin de sortir de la dépendance aux énergies fossiles », a-t-il confié aux médias français. D’autres pays, comme l’Australie, tentent aussi de développer cette filière, dans l’espoir de concurrencer la Chine sur le marché européen. Mais pour celui-ci, il s’agit de troquer une dépendance contre une autre.

Un besoin d’investissements massifs

Alors que l’UE tente de résorber le bilan carbone du trafic routier, qui représente 30% de ses émissions, elle risque de subir des pénuries de ces précieux métaux rares. Une situation de dépendance énergétique au reste du monde, en particulier la Chine, que Philippe Varin appelle à contrebalancer par des investissements dans le secteur. Ce que fait, par exemple la France qui, en réaction à ce rapport, a immédiatement annoncé la mobilisation « d’une enveloppe d’un milliard d’euros » – 500 millions en aides d’État, subventions et avances remboursables, et 500 millions pour constituer un fonds d’investissement, pour « renforcer la résilience du tissu industriel sur les chaînes d’approvisionnement en métaux ».

D’autres pays d’Europe se lancent dans l’exploitation de leurs gisements de lithium, comme l’Espagne, qui en possède d’importantes réserves à proximité de Cáceres. Problème : la ville est historiquement classée, et les défenseurs du patrimoine s’opposent au creusement de cette nouvelle mine, qui pourrait devenir l’une des plus grandes au monde.

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