Les Big Tech secouées par de nouvelles accusations de travail forcé en Chine

Des manifestants portent des masques et tiennent des pancartes lors d’un rassemblement de soutien aux Ouïghours musulmans du Xinjiang, devant l’ambassade de Chine à Jakarta, en Indonésie. EPA-EFE/MAST IRHAM

Sept fournisseurs du géant Apple auraient eu recours au travail forcé en Chine, rapporte une enquête du média en ligne The Information. D’autres représentants des Big Tech sont également mis sur la sellette.

Les fournisseurs mis en cause par l’article de The Information sont Advanced-Connectek, Luxshare Precision Industry, Shenzhen Deren Electronic Co., Avary Holding, AcBel Polytech, CN Innovations et Suzhou Dongshan Precision Manufacturing Co. Ceux-ci auraient participé à des programmes de travail forcé mis en place par les autorités chinoises, et impliquant des milliers de Ouïghours, cette minorité musulmane de l’Ouest de la Chine qui fait l’objet d’une répression impitoyable depuis plusieurs années.

Pour étayer ses dires, The Information s’est notamment appuyé sur des déclarations passées, des photos, des vidéos, ainsi que des documents publics et internes de la firme basée à Cupertino.

Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft…

Apple a rapidement réagi en affirmant que ‘la recherche de la présence de travail forcé fait partie de chaque évaluation que nous menons dans chaque pays où nous exerçons nos activités’, rapporte le site Presse-citron.

‘Malgré les restrictions liées au Covid-19, nous avons mené des enquêtes supplémentaires et n’avons trouvé aucune preuve de travail forcé partout où nous opérons’, a ajouté le géant de la tech. ‘Nous continuerons à faire tout notre possible pour protéger les travailleurs et nous assurer qu’ils sont traités avec dignité et respect’, conclut-il.

Mais l’entreprise à la pomme n’est pas la seule à être mise en cause par The Information. Microsoft, Google, Amazon ou encore Facebook auraient également déjà fait appel aux fournisseurs en question.

Critiques et représailles

L’an dernier, un rapport de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), une ONG australienne, avait déjà révélé que plus de 80.000 Ouïghours avaient été transférés dans les usines chinoises de 83 grandes marques internationales entre 2017 et 2019, dont Apple, Samsung, Nike, Adidas, Nokia, BMW, Volkswagen, et bien d’autres géants.

Plus récemment, certaines de ces marques et d’autres avaient fini par exprimer leurs inquiétudes sur les informations de travaux forcés de la population ouïghoure, en particulier dans la production de coton dans le Xinjiang. Cette simple évocation leur avaient valu d’être vivement critiquées, voire boycottées en Chine.

Et pas plus tard qu’en mars dernier, la Chine a imposé des sanctions à 10 personnalités européennes, dont un député belge, en représailles aux mesures décidées par l’UE à l’encontre de responsables chinois impliqué dans la répression et la détention massive des Ouïghours dans la province du Xinjiang.

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