Nike et H&M sous le feu des critiques en Chine après leur boycott du coton du Xinjiang

Une manifestation de soutien en faveur de la communauté ouïgoure, à Paris, en août 2020. (Darmon Georges Avenir Pictures/Abacapress/ISOPIX)

Le géant américain des articles de sport, Nike, et la chaîne suédoise de prêt-à-porter, H&M ont été vivement critiqués par la Chine. Tous deux avaient exprimé leurs inquiétudes sur les informations de travaux forcés de la population ouïghoure dans la production de coton dans le Xinjiang.

De nombreux Chinois ont appelé au boycott de ces marques. Et plusieurs célébrités chinoises ont rompu leur contrat avec Nike et H&M. Les acteurs chinois populaires Tan Songyun et Wang Yibo, par exemple, ont mis fin à leur collaboration avec la célèbre marque américaine. Ce dernier a déclaré qu’il s’opposait à ‘tout acte visant à salir la Chine’.

Les recherches de produits vendus par H&M ont quant à eux été bloquées dans les grands magasins en ligne de Chine — y compris Alibaba. Deux ambassadeurs chinois ont également résilié leur contrat avec la firme suédoise. En cause: la décision de la marque de cesser d’acheter du coton provenant de la province du Xinjiang. La Chine représente 5,2% des revenus totaux de l’entreprise, selon Bloomberg.

Nike avait également fait une déclaration dans ce sens : ‘Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de travaux forcés dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang (XUAR)’, a écrit la marque dans un communiqué non daté. ‘Nike n’achète pas de produits auprès du XUAR et nous avons confirmé avec nos fournisseurs sous contrat qu’ils n’utilisent pas de textiles ou de produits filés de la région.’ Les critiques chinoises sur cette décision ont fait baisser les actions de Nike de 12% vendredi dernier.

Sanctions de l’Union européenne

Les déclarations de H&M et de Nike ont fait surface sur les réseaux sociaux ces derniers jours après l’annonce des sanctions européenne contre plusieurs représentants chinois. L’Union européenne a en effet décidé la semaine dernière de sanctions contre la Chine — pour la première fois depuis 1989 — en raison des violations des droits de l’homme dans ce pays. 4 responsables chinois et une institution sont visés pour leurs implications dans les crimes contre les Ouïghours.

Les critiques à l’encontre des deux marques de vêtements peuvent être attribuées, selon la BBC, à un article de la Ligue de la jeunesse communiste. ‘Répandre des rumeurs pour boycotter le coton du Xinjiang, tout en voulant aussi gagner de l’argent en Chine? Un vœu pieux!’, avaient écrit ses membres sur Weibo, le Twitter chinois.

Les Ouïghours à l’étranger

Les Ouïghours sont un groupe minoritaire musulman du nord-ouest de la Chine. Plus d’un million d’entre eux sont enfermés dans des camps de travail et de détention, selon des organisations de défense des droits humains. Pour Pékin, il s’agit de ‘centres de formation’ pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme.

Facebook a annoncé ce jeudi que des hackeurs chinois ciblaient des militants et journalistes ouïghours, vivant à l’étranger, notamment en Turquie, aux États-Unis, en Australie, au Canada, en Syrie ou encore au Kazakhstan. Les pirates ont utilisé de faux comptes Facebook. Ils ont également copié des sites d’actualité populaire auprès de cette population. Le but était de les faire cliquer sur un lien qui installerait secrètement un logiciel d’espionnage sur leur ordinateur et leur téléphone portable.

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