Les banques belges lancent « Fraudstop » : un numéro unique pour tous les cas de fraude


Principaux renseignements

  • Fraudstop met à disposition un numéro de téléphone unique, joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, permettant de bloquer aussi bien les cartes de paiement que l’accès aux services bancaires en ligne.
  • Une déclaration rapide augmente les chances d’obtenir le remboursement des pertes financières liées à des transactions non autorisées.

Pour lutter contre la vague croissante d’escroqueries en ligne, les banques belges et le ministre de la Consommation, Rob Beenders (Vooruit), ont lancé « Fraudstop ». Cette initiative unifie le processus de signalement en utilisant le numéro de téléphone existant de Card Stop, le 078 170 170.

Auparavant, les victimes d’hameçonnage devaient contacter le service de lutte contre la fraude de leur banque pour bloquer l’accès numérique, puis appeler Card Stop séparément pour bloquer leurs cartes physiques. Désormais, un point de contact unique permet aux utilisateurs de sécuriser simultanément leurs cartes physiques et leurs applications bancaires numériques.

Comment ça marche ?

Le service Fraudstop est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ce qui est essentiel pour limiter au maximum les pertes financières. Selon l’établissement financier, la procédure varie légèrement : pour les clients de Beobank, ING, Banque CPH, Banque Chaabi du Maroc et Nagelmackers, le service envoie une alerte automatisée à la banque afin de bloquer l’accès numérique. Pour les clients des autres banques participantes, les appelants sont mis directement en relation avec l’équipe dédiée à la lutte contre la fraude de leur banque. Si la plupart des banques belges ont rejoint le système, certaines néobanques ne l’ont pas encore intégré.

Avertissement contre l’usurpation d’identité

Des avertissements de sécurité accompagnent le lancement, car les escrocs se font souvent passer pour des services officiels afin de voler des données. Il est rappelé aux utilisateurs que ni Card Stop ni Fraudstop n’appelleront jamais un client de leur propre initiative. Toute personne recevant un appel non sollicité d’une personne prétendant représenter ces services doit mettre fin à la conversation immédiatement.

Une stratégie plus large contre les cyberattaques

La mesure constitue une première étape avant le lancement d’une stratégie anti-hameçonnage plus complète, prévue d’ici la fin du mois en cours. Le ministre Beenders plaide en faveur de mesures plus strictes en raison d’une recrudescence des cyberattaques. Le Centre belge pour la cybersécurité a signalé une moyenne de plus de 40 000 alertes de hameçonnage par jour début 2025, soit une augmentation de 50 pour cent par rapport à l’année précédente.

En réponse, le secteur bancaire, représenté par Febelfin, fait valoir que la responsabilité ne doit pas incomber uniquement aux banques, et exhorte les opérateurs de télécommunications et les plateformes de réseaux sociaux à contribuer à endiguer la crise.

Récupération financière et responsabilité

En matière de recouvrement financier, le signalement rapide via Fraudstop peut influencer l’indemnisation de la victime. Selon la loi, les banques sont généralement tenues de rembourser les paiements non autorisés, à condition que le client n’ait pas fait preuve de « négligence grave » – comme le fait de conserver son code PIN à proximité de sa carte bancaire.

Toutefois, si un utilisateur signale immédiatement une fraude et que d’autres transactions non autorisées surviennent par la suite, la banque est tenue d’indemniser ces pertes ultérieures, quel que soit le degré de négligence initial de l’utilisateur.

(at)

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