Les aéroports demandent à l’UE de suspendre l’EES afin d’éviter le chaos dans les aéroports


Principaux renseignements

  • Les responsables du secteur aérien exhortent l’UE à suspendre les nouveaux contrôles biométriques aux frontières afin d’éviter une congestion extrême cet été.
  • Le suivi biométrique entraîne des retards insupportables pouvant aller jusqu’à cinq heures pour les passagers dans les principaux hubs.
  • Les aéroports installent de nouvelles bornes et renforcent leurs effectifs pour gérer l’afflux prévu de voyageurs.

Les principaux acteurs du secteur aérien ont exprimé leur profonde inquiétude concernant la mise en œuvre du système d’entrée et de sortie (EES) de l’Union européenne à l’approche de la haute saison estivale. Dans une lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les compagnies aériennes et les exploitants d’aéroports ont demandé que les nouveaux contrôles aux frontières puissent être suspendus afin d’éviter une congestion extrême.

Retards

L’EES, mis en place à l’automne dernier pour suivre les voyageurs non membres de l’espace Schengen à l’aide de données biométriques telles que les scans faciaux et les empreintes digitales, a déjà entraîné d’importantes difficultés opérationnelles.

Les représentants du secteur aérien affirment que, pendant les périodes de forte affluence, les temps d’attente des passagers ont grimpé jusqu’à cinq heures. Cette situation a créé un environnement insoutenable pour les voyageurs, le personnel de sécurité aux frontières et le personnel aéroportuaire.

Appels à une suspension temporaire

Bien que certains États membres aient choisi de reporter la collecte des données biométriques jusqu’en septembre, le secteur fait valoir que ces mesures partielles n’ont pas suffisamment allégé la pression sur les infrastructures. Avec une affluence prévue de 40 millions de voyageurs supplémentaires en juillet et août, le secteur réclame une suspension temporaire totale de l’EES dès que le volume de passagers dépasse la capacité opérationnelle des postes-frontières.

À l’inverse, un porte-parole de la Commission européenne a affirmé que le système n’avait été déployé qu’après que les États membres eurent confirmé qu’ils étaient prêts. La Commission affirme que les perturbations dans la plupart des aéroports-pivots ont été minimes, tout en restant déterminée à aider les pays confrontés à des difficultés logistiques. Pour répondre à ces préoccupations, la Commission prévoit d’organiser prochainement de nouvelles discussions avec les acteurs du secteur.

Bruxelles

L’impact concret est déjà visible dans des aéroports comme celui de Bruxelles, qui prévoit plus de 5 millions de visiteurs cet été. Pour lutter contre les files d’attente interminables, l’établissement installe soixante bornes d’enregistrement et deux postes de contrôle de départ supplémentaires. Parallèlement, le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, s’est engagé à mobiliser au maximum les effectifs de la police fédérale afin d’assurer la fluidité du trafic. (fc)

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