Les acteurs de la blockchain ont enfin leur lobby

Voici donc la BAx, contraction mélodique de Blockchain Association of Exchange Platforms and Custodians. Les présentations officielles par les membres fondateurs avaient lieu ce mercredi en début d’après-midi à Bruxelles. Un nouvel allié pour ce jeune écosystème belge né après le bitcoin.

La Belgique se trouve à un moment charnière de son évolution numérique. Certaines technologies digitales, de par leur potentiel, leur impact et leur croissance effrénée, se montrent inévitables. Parmi celles-ci, la blockchain.

Forts de ce constat et conscients de l’opportunité unique à saisir, certains acteurs belges ont décidé de défendre les intérêts des entreprises blockchain du pays. Pour développer une offre de services compétitifs, servir de centre de compétence pour d’autres industries accompagner les législateurs nationaux dans leur mission de protection des consommateurs et des marchés.

Ainsi est née l’asbl BAx, dont l’ambition se résumerait à faire de la Belgique un « hub fintech blockchain pour l’Europe et pourquoi pas le reste du monde », a exposé lors de l’inauguration Marc Toledo, membre fondateur de l’association et managing director de la cryptobourse Bit4You. Car entreprendre dans la blockchain actuellement en Belgique se caractérise plutôt par les obstacles à surmonter, la réticence des institutions financières et la méfiance des régulateurs.

Cet entrepreneuriat technologique doit dès lors s’expatrier aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Estonie, pour pouvoir se développer. Les membres de BAx estiment qu’il est temps de ne plus laisser fuir nos innovateurs hors des frontières belges.

« C’est que la Belgique ne fait pas aussi bien que le reste de la planète », a épinglé Jean-Louis Van Houwe, membre fondateur et président de la fédération professionnelle Fintech Belgium. « Pour cela, nous adoptons le même modèle, la même façon de travailler, avec des entrepreneurs au comité de direction et des activités de promotion et de réseautage, pour s’assurer que des progrès soient accomplis dans le cas précis des applications blockchain. »

BAx ouvre une nouvelle voie de rayonnement pour les start-up et scale-up. Afin de s’assurer que les nouveaux acteurs se fraient un chemin au milieu des industriels historiques et se fassent aussi entendre par les décideurs. Car en 2021, il s’avère encore nécessaire de démystifier la blockchain et de dissiper les contre-vérités.

Qu’on la nomme lobby ou fédération, cette association blockchain permet en tout cas de progresser. Car elle devrait sensibiliser mais surtout créer de la connaissance relative à ces innovations perturbatrices que sont les cryptomonnaies, la finance décentralisée, les DAO… Une connaissance qui devrait amener davantage de confiance et, a fortiori, d’adhésion.

La question fondamentale des technologies qui façonnent notre avenir

« C’est précieux d’avoir en face de nous un interlocuteur pour mieux percevoir les enjeux », a souligné Mathieu Michel, présent à l’événement. Le secrétaire d’État à la Digitalisation, qui avait récemment avoué que « pour un gouvernement, c’est compliqué de se positionner face aux cryptomonnaies« , reste très attentif au sujet.

Et pour cause, a-t-il exposé lors de son intervention, « les fintechs sont fortement représentées en Belgique. Elles sont au cœur du processus d’innovation. Dans ce secteur, comme dans d’autres, la technologie blockchain est à l’honneur, compte tenu des opportunités qu’elle peut offrir. Nous devons suivre de près son évolution afin de percevoir et d’exploiter tous ses avantages, sans en subir les inconvénients ».

Au-delà de la façon dont l’outil technologique se développe, le « Monsieur Digital » du gouvernement fédéral en appelle à la lucidité sur ce que la blockchain permet de faire. La blockchain affiche un potentiel de transparence à la hauteur de son potentiel de surveillance. « Autant de questions à ne pas aborder avec naïveté. »

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