L’engouement pour le tatouage a-t-il atteint son sommet?

Durant la dernière décennie, les boutiques de tatouage ont connu un développement important, mais des signaux indiquent que le secteur a atteint le sommet de son succès. En effet, certains observateurs pensent que la frénésie pour le tatouage est arrivée à son apogée. « C’est le début de ce qui ressemble à une saturation », affirme Matt Lodder, professeur d’art contemporain auprès de l’Essex University. Selon Lodd, les mass-médias notamment ont conduit à un battage médiatique grâce auquel le métier de tatoueur a été mis en avant comme étant un excellent choix de carrière. « Mais cela n’est pas nécessairement vrai », avertit Lodd.

Selon le magazine The Economist, le nombre de boutiques de tatouages en Grande-Bretagne a connu en 10 ans une croissance de 173%.

Diverses raisons peuvent être évoquées pour expliquer ce phénomène. La percée du commerce en ligne a fait diminuer le public des quartiers commerciaux classiques dans le centre des villes. De ce fait, un certain nombre de magasins ont dû fermer leurs portes. Il n’est cependant pas possible de se faire tatouer en ligne. C’est une des raisons pour lesquelles des services comme les boutiques de tatouages réussissent à survivre à l’influence du commerce par Internet.

Les habitudes de consommation ont également changé. Depuis la récession, les personnes consacrent plus d’argent aux expériences et aux soins personnels. Le nombre de boutiques de tatouages a donc augmenté plus vite que celui de  bien d’autres secteurs des centre-ville offrant des services spécifiques, comme les agences de paris, précise The Economist.

Ces cinq dernières années, les centres de bronzage ont même connu une diminution de leur nombre de 35%. En outre, les tatouages ne sont pas une démarche impulsive si bien que les magasins ne doivent pas  se trouver dans des endroits chics et onéreux. Vu que le secteur résiste relativement bien à la conjoncture économique, les magasins peuvent en outre se maintenir aussi dans de zones touchées par la crise.

On remarque aussi que le public montre un plus grand intérêt pour le tatouage. En Grande-Bretagne, 28% des personnes appartenant à la classe moyenne auraient un tatouage et 27% de la classe ouvrière. Même Samantha Cameron, l’épouse du Premier Ministre britannique a un tatouage.

Cependant, selon Matt Lodder, il semble que le tatouage arrive à saturation. D’après lui, un certain nombre de magasins de gamme moyenne connaissent des difficultés. L’accès à la profession est devenu trop facile si bien que l’offre dépasse la demande.

Le nombre de boutiques de tatouages semble avoir atteint son pic et montre à nouveau une tendance à la baisse. C’est dans une grande mesure dû à un important battage médiatique qui a donné de faux espoirs à bon nombre d’artistes potentiels du tatouage, estime Lodd

« Des programmes de télévision comme Miami Ink présentent le métier de tatoueur comme un choix de carrière potentiellement intéressant, alors qu’en réalité, la situation est souvent très différente ».