Le Vatican possède un portefeuille immobilier de plus de 600 millions d’euros. Et alors?

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Le Guardian révèle que le Vatican s’est constitué un portefeuille immobilier d’une valeur qui excède 500 millions de livres (environ 600 millions d’euros). Les propriétés acquises seraient des propriétés de prestige de Londres, Paris, ou de Suisse. A Londres, il possède par exemple les locaux de la bijouterie Bulgari et ceux de la banque d’investissement Altium Capital. Selon The Guardian, l’argent qui a financé ces acquisitions proviendrait d’une somme que le dictateur Mussolini aurait remise au Vatican en 1929 en échange de la reconnaissance par le pape de son régime fasciste. Le portefeuille immobilier aurait été constitué sur plusieurs années, par le truchement de plusieurs sociétés offshore, dont les noms ne permettent pas d’établir le lien avec le Saint Siège.

Mais des sources au sein du Vatican ont nié ce compte rendu, affirmant qu’il était trompeur et historiquement incorrect, affirme le Telegraph. L’argent que le Vatican a reçu de Mussolini aurait été une compensation pour la perte de nombreuses propriétés perdues lors de leur occupation par le Royaume d’Italie dans les années 1860. Cet arrangement financier faisait partie des accords du Latran en 1929 durant lesquels Mussolini a reconnu l’Etat de la Cité du Vatican comme l’unique nation sur laquelle le pape exerce sa souveraineté. Il visait à compenser la perte des autres Etats Pontificaux et des propriétés de valeur que l’Eglise avait perdus avec la signature de cet accord, comme le Palais du Quirinal où réside le président de l’Italie de nos jours, qui était autrefois un palais papal.

« L’existence des investissements en immobilier du Saint Siège, achetés avec l’argent payé par l’Etat italien en compensation de l’expropriation de biens, est connue depuis plus de 80 ans. Je suis surpris par la publication de cette histoire, qui ne révèle rien de neuf », a réagi le porte-parole officiel du Vatican, Federico Lombardi.

En ce qui concerne le réseau de sociétés offshore qui ont réalisé ces investissements immobiliers au nom du Vatican, et que le Guardian a présenté comme un réseau de sociétés écran, les sources du Saint Siège rétorquent qu’il n’est pas anormal pour des firmes multinationales importantes d’utiliser un réseau constitué de sociétés différentes pour gérer leurs actifs.