Le variant sud-africain du Covid-19 est en Belgique: pourquoi il nous menace vraiment

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Alors que Steven Van Gucht indiquait ce mercredi qu’aucun cas du variant sud-africain du coronavirus n’avait été détecté sur le territoire, Marc Van Ranst et Emmanuel André annoncent que c’est finalement bien le cas.

Ce variant sud-africain du coronavirus a été identifié chez une personne habitant en Flandre-Occidentale qui n’avait pourtant pas voyagé récemment, a annoncé ce soir le virologue Marc Van Ranst. L’information a été confirmée dans la foulée par Emmanuel André. D’après l’agence Belga, le patient serait décédé.

Plus tôt dans la journée, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, Steven Van Gucht, avait annoncé qu’aucun cas du variant sud-africain du Covid-19 n’avait été détecté chez nous. Cependant, il avait prévenu qu’il serait difficile d’endiguer son arrivée sur notre territoire si les voyages continuaient à être autorisés.

Beaucoup plus contagieux

Nommé ‘501Y.V2’, ce variant suscite une inquiétude mondiale de par sa haute contagiosité. Il pourrait être encore plus contagieux que le variant britannique, déjà annoncé comme 70% plus contagieux que la forme classique du virus.

Interrogée par l’AFP, la bio-informaticienne sud-africaine Houriiyah Tegally a également alerté sur le fait que ce variant pourrait être plus facilement susceptible d’infecter des personnes ayant déjà été contaminées par le Covid-19.

‘Il a une mutation située sur la protéine Spike, une pointe permettant de pénétrer dans les cellules et d’infecter les humains. C’est cette mutation qui fait que le virus échappe davantage aux anticorps. Ce nouveau variant pourrait aussi présenter un plus fort risque de ré-infection. Nous attendons d’avoir davantage d’éléments mais c’est une réelle inquiétude’, a-t-elle indiqué.

Jusqu’à présent, les tests effectués par Pfizer n’ont pas encore permis d’assurer que son vaccin était bien efficace contre ce variant. En revanche, les premières données montrent que le vaccin fonctionne contre le variant britannique.

Plus dangereux ?

Alors que la communauté scientifique indiquait dans un premier temps que ce variant sud-africain était, certes, plus contagieux, mais qu’il n’était pas plus pathogène, certaines voix commencent à s’élever pour tenir un autre discours.

Ainsi, l’infectiologue Odile Launay, membre du comité vaccin Covid-19 en France, a alerté aujourd’hui sur les dangers de ce variant sud-africain.

‘Pour l’instant on n’a pas de données précises (…) Il semble qu’il soit susceptible d’entrainer plus de formes sévères. Il entrainerait dans un nombre plus important de cas des manifestations sévères de la maladie’, a-t-elle déclaré sur RTL.

Doit-on interdire les voyages à l’étranger?

Ce mercredi, la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale (PS) s’est déclarée favorable à l’interdiction des voyages à l’étranger lors des prochaines vacances de carnaval.

‘Mon avis personnel, c’est qu’il ne doit pas y avoir de vacances à l’étranger au Carnaval, s’il y a un risque d’aggravation. La situation est très instable sur le plan international. Mais ça ne relève pas de mes compétences’, a-t-elle expliqué au député cdH François Desquennes au Parlement wallon.

Même si les voyages vers les zones rouges (la liste est disponible ici) sont strictement déconseillés, de nombreux Belges ont fait fî de ces recommandations et se sont envolés vers l’étranger durant les vacances de Noël.

Quasiment toute l’Europe est en zone rouge

En théorie, les personnes revenant d’un séjour à l’étranger de plus de 48h doivent remplir le Formulaire de Localisation du Passager. Celles ayant séjourné dans une zone rouge doivent se mettre en quarantaine pendant 7 jours et être soumises à un test de dépistage le premier et le septième jour de cette quarantaine.

La semaine dernière, le ministre flamand du Bien-Etre Wouter Beke a montré que ce protocole n’était que trop rarement respecté. Seuls 37% des Belges revenant d’un séjour de plus de deux jours dans un pays situé en zone rouge ont effectivement passé un test PCR.