Le tracing n’arrive plus à suivre l’augmentation des cas

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En Wallonie et à Bruxelles, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a explosé ces dernières semaines. Le chiffre des nouvelles infections a presque doublé dans toutes les provinces wallonnes tandis que Bruxelles connait la plus grosse incidence du pays avec plus de 500 cas par 100.000 habitants. Le tracing n’arrive donc plus à suivre. La recherche de foyer de contamination piétine.

En Région wallonne, les call centers auraient contacté moins de 30% des personnes infectées ou possiblement infectées la semaine dernière, selon les chiffres des journaux De Standard et Le Soir. Sur les 2.349 personnes positives à appeler, seules 378 ont reçu un appel des centres de tracing, soit seulement 16%. En ce qui concerne les contacts des patients, seuls 38% ont été appelés.

À Bruxelles, c’est un peu mieux, mais les objectifs ne sont toujours pas atteints puisque 60% des personnes infectées ont été contactées.

Selon Karine Moykens, chargé du testing et du tracing, les centres d’appel n’étaient pas prêts à une telle augmentation des cas. De nouvelles personnes devraient être embauchées dans les prochains jours pour venir en renfort. En outre, il y aurait eu des problèmes avec la plateforme, ce qui aurait ralenti les employés des call centers.

En Flandre, par contre, les cellules de tracing qui utilisent la même plateforme arrivent à contacter 85% des personnes infectées et à risque.

Pas de nouvelles mesures sur le tracing et le testing

Ce mardi, le comité de concertation s’est réuni pour discuter de l’augmentation des cas et des mesures à prendre pour freiner la progression. De nouvelles mesures comme la réduction de nos contacts et la fermeture des bars à 23 h ont été annoncées. Mais rien n’a été dit sur le tracing ou le testing.

Pourtant, on voit bien qu’il y a des failles dans le suivi des contacts. Les call centers prennent un retard monstre, ce qui a un impact direct sur la gestion des foyers de contaminations.

En Belgique, il faut déjà environ entre 48 et 72 heures pour connaitre les résultats d’un test. La personne testée doit évidemment se mettre en quarantaine, mais ses contacts continuent leur vie normalement. Si on ajoute à cela, un retard de plusieurs jours pour joindre par téléphone les contacts à risque, ces derniers peuvent passer jusqu’à une semaine sans savoir qu’ils sont possiblement infectés. Une semaine pendant laquelle ils peuvent contaminer d’autres personnes s’ils sont effectivement malades.

Le problème de cette maladie est que, comme le Premier ministre, Alexander De Croo, l’a bien dit hier, on peut transmettre la maladie, même si on ne se sent pas malade. De cette manière, des jeunes sans symptômes peuvent infecter des personnes plus fragiles s’ils ne sont pas avertis d’un risque d’infection par la cellule de tracing.

L’application Coronalert devrait pouvoir aider à prévenir la population en cas de contacts à risque. Mais même si elle avait été téléchargée plus de 760.000 fois, cela représente moins d’un pour cent de la population. De plus, l’appli n’est disponible que depuis une semaine, ce qui n’a pas encore laissé assez de temps pour que l’enregistrement des contacts soit efficace.