Le taux de contagion aurait plus que triplé en quelques jours

Isopix

Si nous avions pratiquement réussi à faire baisser le taux de contamination à 0,4, il semble que ces derniers jours, il soit bien remonté. Cela n’a cependant pas encore d’effets marquants sur les hospitalisations et les décès.

Les chiffres de ces 24 dernières heures:

  • 172 personnes ont été hospitalisées. Cela fait donc plusieurs jours que le nombre d’hospitalisations est en dessous de la barre des 200.
  • 107 personnes ont pu sortir de l’hôpital.
  • En tout, 4976 patients sont actuellement hospitalisés dont 1079 sont soignés dans les unités de soins intensifs et 777 personnes sont sous respirateur.
  • 170 décès ont été rapportés : 89 ont eu lieu dans les hôpitaux et 80 en maisons de repos. Le nombre de décès connait donc enfin une réelle diminution que ce soit dans les hôpitaux ou les maisons de repos.
  • Depuis le début de l’épidémie, 5998 personnes sont décédées.
  • Hier, 5214 tests ont été effectués et 973 sont revenus positifs.
  • En ce qui concerne la campagne de dépistage dans les maisons de retraite, 28.480 tests ont été réalisés. 1613 sont positifs.

La propagation du virus

Selon les analyses présentés par Nicolas Vandenwalle, chercheur à ULiège, le taux de contagion dans la population a fait un bond en seulement quelques jours.

Ce chiffre qui est passé de 0,4 à 1,4 représente le nombre de personnes qu’un malade peut contaminer en un jour. Avec les mesures de confinements, le R0, comme les scientifiques l’appellent, avait bien diminué. Il semble connaître un nouveau pic au sein la population belge. Il faudra attendre encore quelques jours pour confirmer qu’il s’agit bien d’une tendance et pas d’un pic ponctuel.

Pour éviter un regain de contaminations, le SPF Santé publique a rappelé lors de sa conférence de presse quotidienne les mesures que doivent obligatoirement prendre les personnes qui ont des symptômes d’une infection à coronavirus.

  1. Rester en quarantaine pour éviter de rencontrer des gens et de leur transmettre le virus.
  2. Contacter toutes les personnes qu’ils ont côtoyées de près avant même d’avoir eu les premiers symptômes. Rappelons que le covid-19 est contagieux avant l’apparition des premiers symptômes.
  3. Ces personnes doivent aussi se mettre en isolement le temps que le suivi médical se fasse.

Sans même l’énoncer, le SPF relance la question du social tracing. Cette technologique permettrait de connaître toutes les personnes avec qui un malade a été en contact et de les informer d’une possible contamination. Le tracing fait débat dans la population, notamment concernant la protection de la vie privée. Il n’est donc pas encore en vigueur en Belgique, mais pourrait le devenir avec le déconfinement.

Les distances de sécurité

Depuis le début de l’épidémie, le SPF Santé Publique demande à tout le monde de conserver une distance sociale d’une mètre et demi. Cependant, certains scientifiques commencent à douter que cette distance soit suffisante. Les micro-gouttelettes qui restent en suspension dans l’air sont pointées du doigt.

Ces scientifiques proposent donc d’augmenter la distance sociale. Mais pour le SPF Santé Publique, cette proposition ne diminuera pas la contagion significativement. Comme l’explique Emmanuel André, le virus se trouve en grande quantité dans les grosses gouttelettes que nous expulsons lorsque nous parlons, toussons ou éternuons. Ces gouttes sont plus lourdes et donc tombent plus vite.

Les micro-gouttelettes ne contiennent qu’une faible dose de virus. Et selon l’OMS, il n’a pas été démontré qu’elle jouait un rôle dans la transmission. En gardant une distance d’un mètre et demi, le taux de contagion diminue fortement.

Cette polémique soulève toutefois deux questions: quid de rendre obligatoire le port de masque ? Les magasins pourront-ils rouvrir si la distance sociale de 1,50 mètre est un minimum ?

La question des faux négatifs

Les tests utilisés en Belgique pour savoir si une personne est infectée par le virus sont appelés PCR. Un prélèvement se fait dans le nez pour détecter la présence du coronavirus. Au début de l’infection, le virus est très présent dans le nez et il peut donc être détecté. Mais si le virus évolue et migre vers les poumons, il n’est plus présent en quantité suffisante dans le nez et le test ne peut donc pas le détecter. Il revient négatif.

Dans le milieu hospitalier, pour être sûr et certain de poser le bon diagnostic, un examen des poumons est aussi réalisé afin de vérifier qu’il n’y est pas présent.

Le SPF Santé publique n’a cependant pas parlé de la situation dans les maisons de repos. Seul un test PCR y est effectué. Des personnes déjà très malades ne peuvent alors pas être correctement testées et sont considérées comme négatives alors qu’elles ont tous les symptômes de la maladie. La présence de faux négatifs expliquerait pourquoi le pourcentage de tests positifs en maison de repos n’est que de 11% alors que le nombre de décès y est anormalement élevé.