La Chine considère l’IA comme une nouvelle arme contre les avions furtifs américains


Principaux renseignements

  • Des scientifiques chinois ont mis au point une IA capable d’identifier les signatures thermiques des avions furtifs avec une précision supérieure à 96 pour cent.
  • Des réseaux neuronaux légers permettent aux missiles de distinguer les véritables avions des leurres défensifs.
  • L’IA pourrait réduire l’écart technologique avec l’armée de l’air américaine.

Des scientifiques militaires chinois affirment avoir mis au point un cadre d’IA capable d’identifier en quelques millisecondes les signatures thermiques infrarouges des avions furtifs F-35 et F-22.

Des recherches menées par la China Airborne Missile Academy et l’Institut de technologie de Pékin montrent que ce système a atteint un taux de reconnaissance de 97,1 pour cent lors d’essais en laboratoire. S’il était intégré à la technologie des missiles, ce progrès pourrait permettre aux armes de distinguer les véritables avions américains des leurres défensifs, ce qui risquerait de compliquer les stratégies aériennes américaines.

Résultats expérimentaux

Bien que ces résultats soient remarquables, ils restent expérimentaux. Il n’existe actuellement aucune preuve que cette IA soit capable de localiser ou d’attaquer des avions de combat furtifs américains en action dans un environnement de combat réel.

Cette étude met toutefois en évidence une évolution majeure dans le fonctionnement des missiles à guidage thermique. Au lieu de se contenter de suivre la source de chaleur la plus intense, ces nouveaux systèmes utilisent des réseaux neuronaux légers pour analyser les signatures, ce qui rend le matériel suffisamment compact et économe en énergie pour être intégré dans un missile.

L’IA traque la chaleur des avions furtifs

Bien que le F-22 Raptor et le F-35 Lightning II utilisent des revêtements et des formes spécialisés pour échapper aux radars, ils ne peuvent pas éliminer complètement la chaleur générée par leurs moteurs et par le frottement à grande vitesse.

Alors que Lockheed Martin a mis en œuvre des conceptions visant à réduire ces émissions infrarouges, les avions s’appuient généralement sur des leurres pour détourner l’attention des missiles en approche. L’approche chinoise cherche à neutraliser ces contre-mesures en utilisant l’IA pour déterminer si une source de chaleur est une cible légitime ou un leurre.

Performances techniques et efficacité

D’après les données techniques publiées dans le Journal of Electronic Measurement and Instrumentation, les chercheurs ont entraîné leur IA à l’aide de plus de 3 000 images infrarouges de F-22, F-35 et drones d’attaque simulés.

Lorsque le système a été transféré sur un matériel reproduisant la puissance et l’espace limités d’un missile, il a conservé un taux de précision de 96,4 pour cent. Le processus n’a nécessité que 2,2 watts de puissance et a traité les images en environ 1,5 milliseconde, en utilisant une fraction des ressources de calcul requises par les modèles précédents.

Course mondiale aux armements

Ces avancées suggèrent que la Chine réduit l’écart en matière de capacités aériennes, menaçant ainsi la domination à long terme du F-35, qui constitue un atout majeur pour les États-Unis et leurs alliés à travers le monde.

En réponse, les États-Unis poursuivent leurs propres programmes de modernisation. Grâce au programme de modernisation « Block 4 » et à la création d’un nouveau système à ouverture distribuée (Distributed Aperture System), le Pentagone renforce les capacités de guerre électronique et de détection des menaces de sa flotte.

La course technologique incessante montre comment l’IA peut réduire l’écart technologique entre les forces aériennes. Les pays en retard peuvent utiliser cette technologie pour compenser les avantages traditionnels des forces aériennes plus puissantes. (lv)

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