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Le Royaume-Uni ne confie pas sa 5G à la Chine, mais bien ses centrales nucléaires

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Carrière

16/07/2020 | Dominique Dewitte | 7 min de lecture

Construction de la centrale de Hinkley point C à Somerset (Royaume-Uni), co-financée par l'entreprise française EDF et le chinois CGN. (photo par EDF)

Le Royaume-Uni a annoncé mardi que le géant chinois des télécommunications Huawei serait exclu de son réseau 5G. Selon le gouvernement Johnson, l’utilisation de produits Huawei crée un risque pour la sécurité nationale. Dans ce contexte, il est très surprenant que les Britanniques sous-traitent la construction de nouvelles centrales nucléaires avec la Chine.

Peu d’économies sont davantage liées avec la Chine que le Royaume-Uni au cours des deux dernières décennies, comme le montre le graphique du Financial Times ci-dessous. Mais cela se retourne désormais contre les Britanniques. ‘Beaucoup l’ont appelé « l’ère d’or », mais c’est plutôt « l’erreur d’or »’, a déclaré Charles Parton, ancien diplomate et expert de la question chinoise, dans le même journal.

Le vent semble tourner pour la Grande-Bretagne. Surtout après que la Chine ait pris le pouvoir dans l’ancienne colonie britannique de Hong Kong au début du mois. ‘Si nous ne permettons pas aux Chinois de construire notre infrastructure 5G, nous devrions encore moins les autoriser à toucher à nos centrales nucléaires.’ C’est ce qu’ont déclaré un certain nombre de parlementaires 24 heures avant que la position du gouvernement Johnson sur Huawei ne soit rendue publique.

‘La Chine n’est pas un partenaire fiable’

Selon l’ancien leader conservateur Ian Duncan Smith, une enquête est en cours pour vérifier les accords entre les deux pays concernant l’énergie nucléaire. Parce que la Chine n’est plus considérée comme un ‘partenaire fiable’.

Selon Anthony Glees, professeur à l’Université de Buckingham et expert dans le domaine de la sécurité nationale, la centrale Bradwell B est particulièrement dangereuse. Deux tiers de cette centrale appartiennent à la société d’État chinoise China General Nuclear (CGN). Mais elle est entièrement gérée par les Chinois. Le pays communiste ne s’occupe pas seulement de la logistique et des technologies, il fournit aussi scientifiques et ingénieurs. La Chine veut faire de Bradwell une ‘vitrine pour le monde’. Elle espère ainsi consolider davantage sa position sur le marché de l’énergie nucléaire. Mais, selon Glees, beaucoup de ces travailleurs chinois (si pas tous) ont des liens directs avec l’armée populaire de Chine.

La fin des investissements chinois?

Glees: ‘L’énergie nucléaire devrait fournir 25% des besoins énergétiques du Royaume-Uni dans les prochaines décennies. C’est beaucoup. Le gouvernement britannique doit s’assurer qu’aucune puissance étrangère – en l’occurrence la Chine – ne peut désactiver cela à sa seule discrétion, pour le dire crûment.’

L’étroite collaboration entre le Royaume-Uni et la Chine sur l’énergie nucléaire est souvent le résultat de décisions prises sous le gouvernement de David Cameron (à droite). (EPA/ANDY RAIN / POOL)

En Grande-Bretagne, certains commencent à remettre en question la réciprocité des relations commerciales sino-britanniques. Une entreprise britannique aurait-elle l’autorisation de construire des centrales nucléaires en Chine? D’autres ont tendance à penser que la décision sur la 5G amènera la Chine à retirer ses investissements de Grande-Bretagne.

L’un d’eux est David Toke, professeur à l’Université d’Aberdeen et spécialiste de la politique énergétique. Il espère que les investissements chinois dans les projets nucléaires au Royaume-Uni seront arrêtés. Selon lui, cela ‘ferait économiser beaucoup d’argent aux consommateurs’. Il serait déjà trop tard pour le projet de Hinkley Point C. CGN n’en détient qu’un tiers des actions, mais la centrale est déjà beaucoup trop avancée.

Enfin, il y a l’association sectorielle britannique, la Nuclear Industry Association (NIA), qui ne veut pas que les deux dossiers soient mélangés. Un porte-parole de la NIA a déclaré que la construction de centrales nucléaires était ‘soumise à des conditions et des contrôles si stricts’ que la comparaison avec la 5G était impossible.

Pékin fait grise mine

Dans la capitale chinoise, on apprécie guère les atermoiements britanniques et on répond avec irritation aux ‘messages contradictoires venant de Londres’. L’ambassadeur chinois en Grande-Bretagne s’est demandé mardi ‘si ce pays était toujours intéressé par une relation commerciale ouverte, équitable et non discriminatoire avec la Chine’. Néanmoins, les Chinois souhaitent pour le moment garder ces deux dossiers hermétiquement séparés. Les premières réactions concernant la décision sur la 5G dans les médias chinois ne font pas état de la question de l’énergie nucléaire.

Selon le spécialiste britannique de l’énergie nucléaire Steve Thomas, le faible nombre de centrales sur le territoire chinois prouve que le pays ne considère plus sa capacité nucléaire comme cruciale pour conquérir les marchés mondiaux. Cela pourrait conduire à un retrait de la Chine des projets nucléaires britanniques. Si cela devait arriver, le gouvernement Johnson devrait réinventer toute sa politique énergétique.

Source: BusinessAM


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