Le retour au bureau n’apportera pas la flexibilité attendue par les travailleurs

Cela fait maintenant 14 mois que certains travailleurs sont en télétravail à temps plein. Avec l’amélioration de la situation sanitaire, le retour au bureau va s’organiser petit à petit. En Belgique, à partir du 9 juin, il sera possible de retourner au travail un jour par semaine. Ensuite, en juillet, le télétravail ne sera plus considéré comme obligatoire. Toutefois, la flexibilité acquise en télétravail pourrait disparaitre.

Le retour au bureau sera progressif et la plupart des travailleurs qui devaient bosser depuis leur domicile doivent s’attendre à un système hybride pendant un long moment. Ils travailleront autant au bureau que chez eux.

Beaucoup d’employés seront heureux de retourner au bureau, car après plus d’un an de télétravail, les contacts sociaux et les collègues avaient fini par leur manquer. Toutefois, le télétravail offre une certaine flexibilité. Il était souvent accepté qu’un travailleur s’absente pour aller chercher son enfant à l’école ou qu’il effectue des horaires différents que d’habitude pour s’adapter à la vie privée.

Et ces avantages, les travailleurs devront certainement faire une croix dessus. Car les entreprises n’ont généralement pas de plan de transformation des conditions de travail. Ils s’attendent simplement à un retour au travail dans les mêmes conditions qu’avant la crise. Mais ‘les attentes ont changé’, explique Claire McCartney du CIPD, l’association professionnelle de professionnels de la gestion des ressources humaines au Royaume-Uni.

Une nouvelle ère du travail

‘La pire chose qu’une organisation puisse faire maintenant, c’est de fermer les yeux, de se couvrir les oreilles et d’imaginer que tu peux essayer de revenir à ce qu’elle était avant, car si vous faites cela, vous allez revenir en arrière’, explique Peggie Rothe, responsable des analyses et de la recherche chez Leesman, à Bloomberg.

En Belgique, 58% des employeurs interrogés par l’Union des classes moyennes affirment vouloir pérenniser le télétravail. C’est donc une toute nouvelle formule de travail, dite ‘hybride’, qui va se créer. Mais la volonté de maintenir ce système ne suffit pas, il faut un plan clair. Au-delà de la décision sur le nombre de jours de télétravail qui seront autorisés, il faut également étudier ce qui sera permis ou non dans cette nouvelle normalité.

Les travailleurs se sont habitués à des horaires plus flexibles et à une cohésion entre la vie privée et la vie professionnelle. Il sera difficile de demander aux employés de repasser dans un horaire fixe de 8 à 9 heures ininterrompues sur le lieu de travail.

En outre, si aujourd’hui, les libertés sont encore grandes, car la situation est considérée comme temporaire, la création d’un nouveau système posera problème en termes d’équité. Comment offrir la flexibilité du télétravail aux travailleurs qui sont obligés de se rendre sur leur lieu de travail ? Il faudra également fixer des règles sur les modalités de télétravail. Et elles devront se négocier au niveau de l’entreprise et non juste entre un travailleur et son manager. Au final, il faudra les intégrer dans les nouveaux contrats de travail, que le travailleur aura le droit de signer ou non.

Enfin, la flexibilité est un point que les entreprises à la recherche de nouveaux talents ne doivent pas sous-estimer. Offrir un cadre de travail plus libre et mieux adapter à la vie des travailleurs pèsera dans la balance dans le cadre d’un engagement.

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