Une étude bruxelloise sur l’impact de la parentalité sur la carrière met à nouveau en évidence des différences persistantes entre les hommes et les femmes


Principaux renseignements

  • Actiris, l’équivalent bruxellois du VDAB, a étudié les effets de la parentalité (en tant que parent seul) sur les participants au marché du travail bruxellois.
  • Chez les femmes ayant des enfants, le taux d’emploi est inférieur d’environ 26 points de pourcentage à celui des hommes ayant des enfants.
  • Seules 53 pour cent des mères célibataires bruxelloises peuvent travailler, ce qui les rend d’autant plus vulnérables financièrement.

Actiris, le service public bruxellois de placement et équivalent du VDAB, a publié jeudi un rapport qui examine les effets de la parentalité (en tant que parent seul) sur la disponibilité à l’emploi de la population bruxelloise. Les différences d’impact de la parentalité sur la carrière entre les hommes et les femmes ressortent particulièrement. Les hommes progressent légèrement plus dans leur carrière après la paternité, tandis que les femmes éprouvent des difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale.

Taux d’emploi

Dans la Région de Bruxelles-Capitale, le taux d’emploi des hommes et des femmes sans enfants est, selon Actiris, pratiquement identique. 78,2 pour cent des hommes sans enfants travaillent, contre 77,3 pour cent des femmes sans enfants. Cette parité diminue considérablement lorsque des enfants entrent en jeu.

Qu’elles aient un partenaire ou non, le taux d’emploi des femmes avec enfants est inférieur de 17 points de pourcentage à celui des femmes sans enfants. Il est frappant de constater que le taux d’emploi des hommes augmente même lorsqu’ils ont des enfants. 84,7 pour cent des hommes avec enfants travaillent. Chez les hommes en couple, ce chiffre atteint même 86 pour cent. Cela confirme que les normes de genre traditionnelles sont toujours présentes à Bruxelles. L’homme travaille, tandis que la femme s’occupe des enfants à la maison.

Familles monoparentales

Les familles monoparentales racontent une histoire plus forte. Dans ce cas, la répartition classique entre le travail et l’éducation des enfants n’est pas envisageable. Un ménage sur trois avec enfants à Bruxelles est une famille monoparentale. Dans 86 pour cent des cas, ce parent est une mère célibataire.

Le taux d’emploi des pères célibataires est de 59,2 pour cent. Chez les femmes sans partenaire, ce taux est encore plus bas. Seules 53,6 pour cent des mères célibataires travaillent. La charge totale des soins, la pression financière et l’absence de contrats stables les rendent particulièrement vulnérables.

Obstacles structurels

L’étude montre que les mères célibataires se heurtent à divers obstacles structurels sur le marché du travail. Tout d’abord, il y a un manque de structures d’accueil pour les enfants à des prix abordables, surtout dans les quartiers les plus défavorisés. En outre, le stéréotype selon lequel les mères célibataires ne sont pas disponibles joue un rôle, ce qui ne fait que réduire leurs chances de trouver un emploi.

De plus, la réduction des allocations de chômage touche plus souvent les mères célibataires, car celles-ci ont souvent des parcours professionnels fragmentés ou ne travaillent qu’à temps partiel, ce qui les expose plus rapidement à la perte de leurs allocations. En raison de ces facteurs, 53,5 pour cent des familles monoparentales à Bruxelles vivent dans la pauvreté, soit le pourcentage le plus élevé de toute la Belgique.

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