Le Premier lord de la Marine du Royaume-Uni met en garde contre la menace que représente la Russie en mer


Principaux renseignements

  • La Russie représente la principale menace maritime pour la sécurité nationale du Royaume-Uni.
  • Les forces alliées doivent renforcer la Force expéditionnaire interarmées afin de sécuriser l’Atlantique Nord.
  • Le Royaume-Uni met en place une marine hybride en intégrant des drones autonomes à des navires avec équipage.

Lors d’un récent discours prononcé au Département de la recherche navale de Londres, l’amiral Sir Gwyn Jenkins, Premier lord de la Mer, a désigné la Russie comme la principale menace pour la sécurité nationale du Royaume-Uni. Il a souligné que cette menace est particulièrement marquée dans le secteur maritime, notamment dans le Grand Nord et l’Atlantique Nord.

Jenkins a fait valoir que, l’Atlantique Nord constituant un point d’entrée crucial vers le territoire britannique et un carrefour pour la stabilité de l’Europe et de l’OTAN, le Royaume-Uni doit renforcer sa puissance navale et consolider la Force expéditionnaire interarmées (JEF).

Renforcement des alliances nordiques

La JEF, une alliance nord-européenne regroupant dix pays, dont la Norvège, la Suède et la Finlande, collabore avec l’OTAN pour sécuriser les domaines terrestre, aérien et maritime. Cette coalition s’est récemment engagée à renforcer sa présence dans la Baltique, l’Atlantique Nord et le Grand Nord afin de contrer l’agressivité croissante de la Russie.

Jenkins a souligné que l’importance stratégique du « couloir Groenland-Islande-Royaume-Uni » et de la côte norvégienne reste aujourd’hui aussi vitale qu’elle l’était pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque le contrôle nazi de ces zones mettait en danger la navigation alliée.

Vulnérabilités sous-marines croissantes

L’amiral a relevé une contradiction préoccupante : alors que le Royaume-Uni dépend plus que jamais de l’Atlantique pour son alimentation, son énergie et son commerce, le grand public a largement négligé l’importance de la mer.

Dans le même temps, la Russie déploie des systèmes sous-marins sophistiqués, des armes à longue portée et des sous-marins furtifs pour cartographier et tester les vulnérabilités des infrastructures sous-marines critiques. Pour contrer ces menaces dignes de la Guerre froide, la Royal Navy déploie désormais en moyenne deux navires de guerre par semaine afin de suivre les navires russes et leur « flotte fantôme » associée.

Marine hybride

Pour relever ces défis, la Royal Navy évolue vers une « marine hybride ». Jenkins a expliqué que les navires traditionnels avec équipage ne suffisent plus à protéger de vastes territoires océaniques. La nouvelle stratégie intègre des navires pilotés par des humains à un réseau de capteurs autonomes, de drones et d’escorteurs sans équipage. Cette approche vise à accroître la puissance de feu et la résilience de la flotte tout en rendant celle-ci plus difficile à cibler par l’ennemi.

Le cadre de l’« Atlantic Series »

Cette transformation s’inscrit dans le cadre de l’« Atlantic Series », qui repose sur trois piliers stratégiques :

  1. Atlantic Bastion : un réseau défensif utilisant l’IA et des systèmes autonomes pour détecter et neutraliser les menaces.
  2. Atlantic Shield : un système avancé de défense antimissile et aérienne destiné à protéger les alliés et le territoire national contre les armes hypersoniques et balistiques.
  3. Atlantic Strike : la capacité à mener des opérations offensives à longue portée en cas de provocation.

La marine britannique a besoin d’une modernisation

Jenkins a conclu que, bien que le Royaume-Uni ne cherche pas le conflit, le maintien d’une capacité navale crédible et moderne constitue le meilleur moyen de le prévenir. Il a affirmé qu’en menant la transition vers l’autonomie maritime et en mettant en œuvre un plan national solide de construction navale, la Grande-Bretagne peut s’assurer un avantage militaire et stimuler la croissance économique. (fc)

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