Principaux renseignements
- La politique protectionniste de l’Union européenne entraîne une hausse des prix des voitures pour les consommateurs.
- Les lacunes réglementaires favorisent l’importation de véhicules hybrides plus polluantes.
- L’ouverture aux investissements étrangers accélère l’évolution technologique nécessaire.
Une nouvelle analyse du groupe de réflexion international Bruegel suggère que la stratégie actuelle de l’Union européenne visant à soutenir son secteur automobile en difficulté privilégie la protection des entreprises établies au détriment des intérêts des contribuables et des consommateurs.
Hausse des coûts pour les consommateurs
L’étude met en garde contre le fait que des mesures telles que l’obligation éventuelle de produire les batteries au sein de l’UE pourraient faire grimper considérablement les prix des véhicules. Plus précisément, le transfert de la production de batteries au niveau local pourrait faire passer les coûts de 50 à 85 euros par kilowattheure, ce qui ajouterait environ 2 100 euros au prix d’un véhicule électrique (VE) standard.
Si l’on ajoute à cela les exigences relatives à l’acier à faible teneur en carbone, l’augmentation totale des coûts pourrait s’accentuer encore davantage, affectant de manière disproportionnée les consommateurs à faibles revenus et les modèles de voitures abordables.
Trouver le juste équilibre entre coûts et résilience
Bruegel qualifie ces politiques de « pacte implicite » dans lequel le gouvernement protège les producteurs contre leurs concurrents étrangers en échange de la localisation des chaînes d’approvisionnement.
Cependant, le rapport souligne que si les chaînes d’approvisionnement mondiales constituent la voie la moins coûteuse vers l’électrification, les chaînes nationales offrent davantage de résilience. La tentative de l’UE de concilier ces deux objectifs a entraîné des coûts cachés et une instabilité réglementaire qui, selon les auteurs, nuisent à la compétitivité globale.
Lacunes dans le régime tarifaire
Le rapport met également en évidence les failles des droits de douane instaurés en octobre 2024 sur les véhicules électriques chinois. Comme ces droits s’appliquent aux voitures entièrement électriques mais pas aux hybrides rechargeables, les importations d’hybrides ont explosé tandis que celles de véhicules entièrement électriques ont stagné.
Cette faille affaiblit non seulement le bouclier protecteur des constructeurs européens, mais encourage également l’achat de véhicules plus polluants.
Secteur sous pression
Le secteur automobile européen est déjà soumis à une forte pression. Des acteurs majeurs tels que Volkswagen et Stellantis ont enregistré d’importantes pertes financières et ont été retirés d’indices boursiers clés.
Certains sites de production s’éloignent même complètement de l’automobile. Par exemple, certaines installations sont reconverties pour la production militaire, notamment de composants de défense aérienne. Depuis 2019, la production automobile de l’UE a chuté d’environ 19 pour cent.
(at)
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