Le peuple russe détient la clé de la fin de la guerre

De nombreuses raisons pourraient mettre un terme à la guerre insensée en Ukraine, d’un coup d’État contre Poutine à un règlement négocié. Ces options sont toutes incertaines aujourd’hui. Cependant, il existe une raison en particulier qui provoque toujours la fin de ces guerres insensées : la perte du soutien populaire. Le jour où la machine de propagande de Poutine ne pourra plus convaincre le peuple russe de l’utilité de cette guerre, celle-ci prendra fin.

Depuis l’avènement des médias de masse, tous les dictateurs, mais aussi les dirigeants des démocraties occidentales, ont usé et abusé de ces médias pour justifier les guerres qu’ils ont menées. Ils réalisent des films, des affiches et inventent des histoires. Aujourd’hui, les médias sociaux sont le théâtre d’une véritable guerre de propagande.

L’histoire de Poutine sur la guerre en Ukraine

Ce que Poutine fait aujourd’hui avec les fables qu’il raconte au peuple russe est le plus pur exemple de politique de propagande orchestrée. Il leur dit que le régime ukrainien est un régime nazi – Zelensky, bien sûr, est d’origine juive – et que ce ne sont pas les Russes qui attaquent, mais qu’ils sont attaqués. Poutine aime utiliser l’image du rat qui, acculé dans un coin, s’en prend à son agresseur.

Ce n’est donc pas sans raison que le régime russe accorde une grande attention à sa communication interne avec la population. A Moscou, il semble que la paix règne. Toute protestation contre la guerre est brutalement réprimée.

Poutine explique sans cesse que la guerre avec l’Ukraine ne pouvait être évitée.

L’histoire d’Hitler sur la Seconde Guerre mondiale

Lorsque les nazis perdent la bataille contre l’empire russe de l’époque en 1943, il devient de plus en plus difficile de maintenir le mythe d’une Allemagne imbattable, quels que soient les efforts déployés par le ministre de la propagande Joseph Goebbels pour contrôler le discours. En 1943, Hitler n’osait même plus sortir et se mêler au peuple, alors que cela avait toujours été sa grande force. Il s’était enfermé dans son bunker à Berlin où il mourra en 1945.

La puissante machine de propagande de Joseph Goebbels pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire de la guerre du Vietnam de Johnson (et de 4 autres présidents)

Nous connaissons très bien l’histoire du Vietnam – toujours racontée à travers les yeux des Américains, ne l’oublions pas – grâce à la série de films hollywoodiens principalement anti-guerre, du chef-d’œuvre Apocalypse Now à cet autre joyau du 7e Art The Deer Hunter. Nous connaissons l’histoire des hippies qui ont protesté contre la guerre avec, en fond sonore, la musique immortelle des Doors.

Ce que l’on sait peut-être moins, c’est qu’une grande partie de la population américaine a soutenu la lutte jusqu’à très tard dans la guerre. En octobre 1965, selon un sondage Gallup, 64 % des Américains soutennaient encore la guerre. Ce chiffre est tombé à 39 % en janvier 1969, marquant le début de la fin.

Le président Lyndon Johnson explique au peuple américain pourquoi il est nécessaire d’entrer en guerre au Vietnam.

L’histoire de George Bush sur la guerre en Afghanistan

Une autre guerre sans fin menée par les Américains dans un passé récent est celle contre les Talibans en Afghanistan. Les attentats du 11 septembre ont été la cause immédiate de l’Operation Enduring Freedom qui a amené les troupes américaines en Afghanistan et justifié les camps de détention de Guantanamo.

Discours de George Bush devant la Chambre des représentants des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

Peu après les attentats, 90 % de la population américaine soutenait l’invasion, un chiffre sans précédent. Ce soutien s’est progressivement effondré lorsqu’il est devenu évident que la situation était désespérée et que les valeurs occidentales ne pouvaient pas être simplement exportées dans la population musulmane. En 2021, selon un sondage AP, plus de 62 % des Américains estimaient que la guerre ne valait pas la peine d’être menée. En tant que président du peuple, Biden a eu raison de se retirer, même si la manière aurait pu être meilleure.

La question clé : combien de temps les Russes vont-ils soutenir leur leader ?

Il n’y a pas de chiffres fiables disponibles. Le New Yorker a récemment rapporté qu’une grande majorité de Russes soutenait toujours la guerre. Les chiffres varient de 65 à 71 %. C’est plus qu’assez pour que Poutine puisse continuer pendant un certain temps.

La question est de savoir quand ce soutien va se retourner contre le dirigeant russe – car il le fera. La situation de Poutine semble plus précaire puisque la Blitzkrieg, qui lui a été promise par ses généraux, ne se déroule pas sans heurts.

La clé de la fin de la guerre réside donc dans le peuple russe, qui doit prendre conscience que cette situation est sans espoir pour son pays. Toutefois, cela peut encore prendre beaucoup de temps. La guerre du Vietnam ne s’est terminée qu’en 1975. La guerre en Afghanistan a également duré plus de 20 ans.


Xavier Verellen est un auteur et un entrepreneur. Son récent ouvrage intitulé « Top athletes are CEOs » démontre que le leadership fait la différence entre les champions et les super champions.

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