Principaux renseignements
- La livraison du porte-avions américain USS John F. Kennedy a été reportée à mars 2027 en raison de problèmes techniques persistants.
- Les ascenseurs pour armes électromagnétiques et le dispositif d’arrêt constituent les principaux obstacles.
- La capacité opérationnelle de la flotte sera réduite à 10 porte-avions en service avec le retrait de l’USS Nimitz.
La livraison et la mise en service de l’USS John F. Kennedy (CVN-79), deuxième navire de la classe Gerald R. Ford, ont été repoussées à mars 2027. Selon les documents budgétaires relatifs à l’exercice 2026, la Marine américaine a attribué ce retard d’un an à la nécessité de poursuivre les travaux et de certifier deux nouvelles technologies principales : les ascenseurs d’armement avancés (AWE) et le système d’arrêt avancé (AAG). Parmi les autres facteurs contributifs figurent les instabilités de la chaîne d’approvisionnement et le manque de personnel disponible dans les chantiers navals.
Obstacles technologiques liés aux systèmes électromagnétiques
L’AAG est un système électromagnétique conçu pour remplacer l’ancien système hydraulique Mk-7 utilisé sur les navires de la classe Nimitz. Grâce à des commandes numériques et à des absorbeurs d’énergie, il permet de récupérer en toute sécurité une grande variété d’aéronefs, allant des chasseurs lourds aux drones légers, tout en réduisant les contraintes subies par la cellule et les besoins en maintenance.
De même, l’AWE utilise la propulsion électromagnétique pour transporter les munitions des soutes vers le pont d’envol de manière plus efficace et avec une plus grande capacité que les versions hydrauliques précédentes.
Modernisations
Au-delà de ces défis, l’USS Kennedy intègre plusieurs améliorations par rapport au navire de tête de la classe, l’USS Gerald R. Ford. Il est équipé du radar AN/SPY-6(V)3, qui résout les problèmes persistants liés au radar bibande d’origine. Le navire est également spécialement conçu pour l’intégration des drones Boeing MQ-25 Stingray et des avions de combat F-35C Lightning II.
De plus, ses réacteurs nucléaires A1B offrent un bond en avant considérable en termes de puissance électrique — générant entre 100 et 125 mégawatts —, soit près du triple de la puissance disponible sur la classe Nimitz.
Un équipage réduit
Ces améliorations de conception permettent au porte-avions de fonctionner avec un équipage réduit d’environ 900 marins par rapport à ses prédécesseurs.
Bien que le navire ait achevé ses premiers essais en mer en février, il doit encore passer les rigoureux essais de réception menés par le Board of Inspection and Survey (INSURV). Ces évaluations permettent souvent d’identifier d’autres défauts techniques qui doivent être corrigés avant que la Marine n’accepte officiellement le navire.
Impact sur la préparation opérationnelle de la marine
Ce décalage dans le calendrier crée une lacune temporaire dans la puissance navale. Avec le retrait prévu de l’USS Nimitz l’année prochaine, la flotte américaine ne comptera plus que 10 porte-avions en service actif jusqu’à l’entrée en service du Kennedy. Cette réduction est particulièrement problématique compte tenu de la forte demande mondiale en matière de présence de porte-avions et du fait qu’environ la moitié de la flotte est généralement en maintenance à tout moment.
Des représentants de Huntington Ingalls Industries ont souligné que, bien que la construction du Kennedy fût déjà bien avancée lorsque certains enseignements tirés du premier navire de la classe Ford ont été identifiés, les porte-avions suivants, tels que l’USS Enterprise et l’USS Doris Miller, bénéficieront de ces enseignements beaucoup plus tôt dans leur processus de construction. (fc)
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