Principaux renseignements
- Le nouveau plan de Febelfin mise sur une approche à plusieurs niveaux pour lutter contre la fraude en ligne.
- Les banques mettent en place des protocoles de « slow banking » et abaissent les plafonds de virement afin de lutter contre la fraude.
- Une coordination nationale rassemble les institutions financières, les fournisseurs de technologies et les pouvoirs publics pour démanteler le crime organisé.
À la demande de Rob Beenders (Vooruit), ministre de la Protection des consommateurs, Febelfin a élaboré un plan détaillé visant à lutter contre la fraude en ligne, à limiter le nombre de victimes et à réduire les pertes financières. Cet effort conjoint doit renforcer la sécurité des consommateurs belges grâce à une stratégie de protection à plusieurs niveaux.
Le secteur bancaire s’attaque à la nature évolutive de la criminalité numérique, où les criminels utilisent l’intelligence artificielle et des techniques sophistiquées d’ingénierie sociale via les réseaux sociaux et les applications de messagerie pour tromper les gens. Comme les banques ne détectent souvent la fraude qu’au stade final de la transaction, le nouveau plan s’articule autour de trois piliers principaux.
Renforcement des protocoles internes
Tout d’abord, les banques mettront en place des protocoles techniques et opérationnels internes plus stricts. Le principe du « slow banking » en constitue un élément important : il vise à briser le sentiment d’urgence créé par les fraudeurs et à donner aux clients davantage de temps pour réfléchir à leurs décisions.
Parmi les mesures importantes figurent notamment la réduction des limites quotidiennes standard de virement pour les particuliers à 5 000 euros, l’instauration d’un délai d’attente d’au moins quatre heures pour les augmentations de limite et l’information active des clients lorsque de telles modifications interviennent. Par ailleurs, les banques renforceront la détection des logiciels malveillants, amélioreront la transparence en matière d’authentification et contrôleront plus rigoureusement les virements suspects des comptes d’épargne vers les comptes courants.
Coopération entre les banques et les services d’aide aux victimes
Deuxièmement, l’accent est désormais mis sur la coopération interbancaire et l’accompagnement des victimes. Pour lutter contre les délits impliquant plusieurs établissements, une plateforme de partage de données sera mise en place afin d’identifier plus rapidement les schémas frauduleux, à condition que le cadre juridique nécessaire soit en place.
Parmi les autres initiatives, citons la ligne téléphonique d’urgence Fraudstop lancée en juin, les campagnes de sensibilisation du public en cours soulignant que les banques ne demandent jamais d’identifiants personnels, ainsi que les mises à niveau de sécurité de l’application itsme® visant à empêcher les prises de contrôle de comptes. Par ailleurs, une nouvelle charte de communication garantit que les cas de fraude sont traités et résolus dans un délai de 15 jours ouvrés.
Coordination nationale
Enfin, le plan reconnaît que les banques ne peuvent pas résoudre le problème seules. La fraude étant une forme de criminalité organisée, une approche holistique de l’écosystème s’impose. Cela implique de s’attaquer à la source du problème en impliquant les opérateurs de télécommunications, les entreprises de réseaux sociaux et les fournisseurs de services numériques.
Le gouvernement belge, sous la houlette des ministres Rob Beenders et Bernard Quintin (MR), coordonne une stratégie nationale visant à lever les obstacles juridiques et à donner aux forces de police et au pouvoir judiciaire les moyens de poursuivre plus efficacement les criminels.
Créer un bouclier durable
En associant ces améliorations en matière de sécurité interne à une coopération plus large entre les pouvoirs publics et le secteur privé, le secteur bancaire vise à créer un bouclier durable contre le phishing et la fraude numérique, le ministre et Febelfin entretenant un dialogue continu pour suivre l’avancement du plan.
(at)
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