Le mal du marché de l’emploi belge (et surtout francophone), ce n’est pas le chômage mais l’inactivité

Une mise à jour des chiffres de Statbel, relayés par La Libre, nous fait (re)découvrir une douloureuse réalité en Belgique. Sur un marché de l’emploi total de 6.704.000 personnes, il y a 1.667.000 personnes inactives. On ne parle pas ici des chômeurs mais des personnes bénéficiant de l’assurance-maladie, de prépensionnés ou de bénéficiaires de revenus d’intégration sociale (CPAS).

Et rappelons-le d’emblée, il s’agit surtout d’un mal francophone. Il y a 130.000 chômeurs en Wallonie pour 605.000 personnes inactives. À Bruxelles, il y a 66.000 chômeurs pour 220.000 personnes inactives.

Dans une étude qui date de mars 2021, Randstad a tenté de comprendre cette particularité belge. « La Belgique affiche un taux élevé (6,4%) d’inactifs pour cause de maladie et/ou d’invalidité. La moyenne européenne s’élève à 4,3% », constate Ransdtat. L’écart s’est creusé ces dix dernières années, passant de 0,7% à 2,1%.

L’hypothèse selon laquelle ce taux élevé s’expliquerait par le vieillissement de la population « ne tient pas la route » selon l’étude, qui constate des taux élevés dans des pays à la population encore relativement jeune en Europe. C’est aussi vrai à l’échelle de la Belgique avec un taux d’invalidité plus important au sud et au centre, où la population est plus jeune, qu’au nord du pays.

L’étude réfute aussi une politique d’activation plus ferme du chômage qui pousserait des chômeurs vers un autre régime. « En Europe, le chômage a diminué nettement plus fort que la part de malades et invalides n’a augmenté », constate Randstad.

Finalement la raison la plus probable à ce mal belge, selon l’étude, est que « les autres pays ont mieux contrôlé la fonction garde-fou du régime de maladie-invalidité que la Belgique ». Un régime plus facilement accessible chez nous en d’autres termes.

L’étude conclut: « En combinant taux d’emploi inférieur à la moyenne et taux de maladie et invalidité supérieur à la moyenne, la Belgique fait figure de cas relativement unique en Europe. »

Taux d’emploi

Au niveau du taux d’emploi justement, il est de 65,2% en 2021 en Wallonie, de 62,2% à Bruxelles et de 75,3% pour la Flandre. Soit un écart de 10% en faveur du nord du pays, qui dépasse la moyenne européenne de 3%. Cet écart avec la Wallonie et Bruxelles ne cesse de se creuser depuis les années 80.

La Libre énumère quelques explications à un tel écart, mais cela reste bien mince par rapport au problème structurel du taux d’emploi francophone. La démographie, plus jeune, peut expliquer un taux d’emploi inférieur en Wallonie à hauteur de 1%, selon Philippe Defeyt, économiste àl’Institut du développement durable.

Le taux d’emploi ne différencie pas non plus le travail partiel ou à temps plein. Or, le temps partiel est plus élevé en Flandre, à 18% contre 15% en Wallonie.

Mais on l’a vu, le nombre de chômeurs est finalement une goutte d’eau par rapport au nombre d’inactifs. C’est sur ce groupe de personnes que la Vivaldi doit principalement agir pour atteindre un taux d’emploi de 80%, l’objectif annoncé d’ici la fin de la législature.

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