Principaux renseignements
- Le gouvernement néerlandais a bloqué l’acquisition de Solvinity par Kyndryl afin de protéger la sécurité nationale.
- Les lois américaines en matière de surveillance menacent la confidentialité des données sensibles des citoyens DigiD.
- Les défenses stratégiques nationales ciblent désormais les intérêts américains au même titre que les adversaires traditionnels.
Willemijn Aerdts, secrétaire d’État aux Affaires économiques, a officiellement bloqué l’acquisition de Solvinity. C’est la société chargée de la gestion de DigiD. Cette décision fait suite à une recommandation du Bureau de contrôle des investissements (BTI). Ce organe avait averti que cette vente constituait une menace importante pour la sécurité nationale et les intérêts publics des Pays-Bas.
La sécurité avant la concurrence
Le BTI est un organisme de surveillance chargé de veiller à ce que les entreprises essentielles à l’infrastructure stratégique du pays ne tombent pas sous l’influence de puissances potentiellement hostiles. Alors que l’Autorité des consommateurs et des marchés (ACM) avait précédemment approuvé l’opération du point de vue de la concurrence, le mandat du BTI porte spécifiquement sur les risques pour la sécurité.
L’acquisition était prévue par Kyndryl, une filiale du géant américain IBM. Cette perspective a suscité une vive inquiétude au sein du parlement néerlandais, car Solvinity gère le logiciel de DigiD. C’est le principal portail par lequel les citoyens interagissent avec l’administration fiscale, les municipalités et les services judiciaires. Bien que les données soient stockées sur des serveurs locaux, le propriétaire de Solvinity a la capacité de déchiffrer ces informations sensibles.
Le risque de surveillance étrangère
Les inquiétudes portent sur la législation américaine. Elle accorde au gouvernement américain des pouvoirs étendus pour exiger des données auprès d’entreprises nationales. On craint que les États-Unis n’utilisent cet accès pour recueillir des renseignements sur des hauts fonctionnaires néerlandais à des fins de chantage ou pour perturber le recouvrement des impôts afin d’exercer une pression politique sur le gouvernement. Cette méfiance est exacerbée par un climat géopolitique en mutation où les États-Unis ne sont plus automatiquement considérés comme un allié amical, notamment en raison de leur domination dans le secteur des technologies de l’information.
Ces risques ne sont pas purement théoriques. Des événements récents illustrent comment les capacités techniques américaines peuvent être utilisées à des fins de représailles politiques. Le gouvernement américain avit l’accès aux e-mails du procureur général de la Cour pénale internationale après qu’il eut demandé un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu.
Mise à jour des défenses stratégiques
Le cadre juridique actuel a été conçu pour protéger les infrastructures vitales. Alors que ces lois avaient initialement pour but de se prémunir contre les menaces provenant de la Russie ou de la Chine, elles s’appliquent désormais aux intérêts américains.
Le secrétaire d’État Aerdts a agi rapidement pour prononcer l’interdiction. Ca a passsé après avoir reçu des indications selon lesquelles l’accord était sur le point d’être conclu. En réponse, Kyndryl a exprimé sa déception. Il affirmait que le processus était devenu excessivement politisé, ce qui occultait les avantages potentiels de la fusion.
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