Le dollar portera-t-il un nouveau coup à l’euro cette semaine ?

Le dollar a le vent en poupe. La monnaie américaine flirte actuellement avec son plus haut niveau depuis 20 ans. Cette semaine, les membres du conseil d’administration de la Réserve fédérale se réunissent. Il est presque certain que le président de la Fed, Jerome Powell, annoncera une hausse des taux, ce qui pourrait donner une impulsion supplémentaire au dollar.

L’indice du dollar a augmenté de 5% en avril. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis 2015. 1 euro vaut à ce jour 1,05 dollar. Au début de cette année, il valait encore 1,14 dollar. Le fait que l’euro traverse actuellement une période difficile n’est pas une surprise totale. La situation de guerre en Ukraine incite simplement les investisseurs à préférer les valeurs refuges telles que le dollar.

Que va faire la Fed ?

Les investisseurs sont également attentifs à la politique monétaire de la Réserve fédérale. Les membres du conseil d’administration de la banque centrale américaine se réuniront cette semaine pour discuter de la suite de cette politique. Il est pratiquement certain que Powell augmentera les taux d’intérêt pour la deuxième fois consécutive. La question demeure : optera-t-il pour une augmentation de 25 ou 50 points de base ?

Il y a quelques semaines, le président n’a pas exclu la possibilité de relever les taux d’intérêt de 50 points de base maintenant (et dans les mois à venir). Les économistes avaient précédemment indiqué qu’ils s’attendaient à une augmentation de 50 points de base en mai et juin. Certains économistes, dont Aneta Markowska, économiste en chef de la société de courtage Jefferies, n’ont même pas exclu une hausse des taux en juillet et en septembre au même rythme.

Les données les plus récentes sur la croissance américaine obligent toutefois la Fed à réfléchir à deux fois avant de relever les taux d’intérêt de 50 points de base. L’économie américaine s’est contractée de 1,4% au premier trimestre. Un resserrement trop rapide de la politique pourrait entraîner de nouveaux problèmes pour l’économie américaine. Un taux d’intérêt plus élevé rend les emprunts moins attrayants pour les familles et les entreprises, ce qui ralentit la croissance économique parce que moins d’investissements sont réalisés.

Une attitude attentiste de la BCE

En tout état de cause, le fait que la Réserve fédérale ait déjà commencé à resserrer sa politique rend le dollar plus attrayant que l’euro. La Banque centrale européenne (BCE) souhaite d’abord mettre fin au programme de rachat au troisième trimestre avant de relever les taux d’intérêt. Le premier relèvement des taux se ferait donc au quatrième trimestre. Toutefois, certains responsables politiques ont déjà indiqué qu’une hausse en juillet est possible.

Le récent chiffre de l’inflation dans la zone euro ajoute à la pression exercée sur la BCE pour qu’elle agisse plus tôt que prévu. L’inflation dans la zone euro a atteint 7,5% en avril, un niveau record et la sixième hausse consécutive.

Thomas Flury, stratège, et Brian Rose, économiste chez UBS Global Wealth Management, s’attendent à ce que le dollar continue de s’envoler. « Nous prévoyons que le dollar restera fort par rapport à l’euro, car une position « faucon » (fort serrage de vis, NDLR) du FOMC (Comité fédéral du marché ouvert, autre nom donné à la Fed, NDLR) et les préoccupations géopolitiques soutiendront le dollar », ont-ils déclaré dans une note rapportée par Reuters.

Ils ont abaissé leurs prévisions pour l’euro/dollar de 1,11 à 1,05 $ pour juin, 1,06 $ pour septembre, 1,08 $ pour décembre et 1,10 $ pour mars 2023.

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