Le cuivre est-il vraiment le nouveau pétrole? Le jeu des 4 différences

Le cours du cuivre a atteint des sommets historiques ces dernières semaines. Le prix du métal gravite en ce moment autour des 10.000 dollars la tonne, et certains experts annoncent des prix de l’ordre de 15.000, voire 20.000 dollars au cours des prochaines années. Suffisant pour faire du cuivre le nouveau pétrole de l’avenir?  

Si l’on en croit Goldman Sachs, le cuivre a un bel avenir devant lui. Dans un rapport publié le mois dernier, la banque d’affaires n’a pas hésité à qualifier le cuivre de ‘nouveau pétrole’.

‘Le cuivre est un métal bon marché qui revêt une grande importance pour la production, le stockage et la distribution d’énergie propre provenant de sources éoliennes, solaires et géothermiques’, avait ajouté la banque. Et en effet, on retrouve le métal se retrouve à tous les étages de la transition énergétique. Batteries de voitures électriques, panneaux solaires, réseaux électriques, etc.

Différences

Toutefois, le quotidien français Les Echos note que le cuivre présente bien trop de différences avec le pétrole pour lui prendre sa place structurante dans l’économie mondiale ou sur les marchés. Le journal économique en compte quatre principales.

  • Contrairement au pétrole, le cuivre ne part pas en fumée quand on le consomme. Il peut, dans une certaine mesure, être réutilisé ou recyclé. Il existe donc un marché secondaire qui change la disponibilité et le mode de formation des prix du métal.
  • Là où l’or noir est une source d’énergie en lui-même, le cuivre n’est qu’un simple conducteur. Son utilisation dépend de beaucoup d’autres métaux (lithium, cobalt, nickel, argent, terres rares, etc.)
  • Le quotidien français doute également que le cuivre puisse devenir une matière première cardinale des marchés comme a pu l’être le pétrole. Ainsi, l’or noir contribuerait directement à hauteur de pratiquement 10% à l’inflation. Une telle contribution est beaucoup plus complexe à calculer pour les métaux.
  • Enfin, les risques géopolitiques qu’entrainerait une trop grande importance du cuivre ne doivent pas être sous-estimés, soulignent Les Echos. En effet, et contrairement au pétrole, la production du cuivre est très concentrée: le Chili, le Pérou et la Chine assurent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale.

‘Je pense qu’on a tort de raisonner à technologie constante’, avance également Philippe Chalmin, professeur à l’université. ‘Personne ne sait comment fonctionnera le système énergétique en 2050. Est-ce qu’on aura encore besoin de lithium ou de cobalt dans les batteries?’… Ou de cuivre?

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