Principaux renseignements
- Les coûts liés à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de Tihange 3 et de Doel 4 ont bondi à 2,4 milliards d’euros.
- La Belgique a suspendu les négociations financières afin de viser une reprise intégrale des actifs.
Les besoins financiers liés à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de Tihange 3 et de Doel 4 ont considérablement augmenté. Selon les estimations récentes d’Engie, le montant total des dépenses devrait désormais atteindre 2,4 milliards d’euros, dépassant les prévisions initiales de 1,6 à 2 milliards d’euros établies lors de l’accord de 2023 entre le groupe énergétique français et le gouvernement De Croo. Alors que les travaux de modernisation sont actuellement en cours et devraient se poursuivre jusqu’en 2028, le coût final exact reste incertain. C’est ce que rapporte De Tijd.
Hausse des coûts
Un budget présenté en octobre dernier par Electrabel, la filiale belge d’Engie, indique que les coûts pour Be-Nuc — une coentreprise entre Electrabel et l’État belge — ont grimpé à 2,14 milliards d’euros. Ce chiffre englobe les travaux de maintenance ponctuels, les investissements indispensables et les études préliminaires.
Be-Nuc détenant une participation de 90 pour cent dans les réacteurs, les 10 pour cent restants étant détenus par Luminus (EDF), l’investissement total pour l’ensemble des parties prenantes est estimé à 2,4 milliards d’euros.
Incitations financières
Ces estimations de coûts élevées ont suscité un débat en raison de la structure financière de l’accord. Electrabel a droit à un rendement garanti de 7 pour cent sur son investissement, ce qui fait craindre que l’entreprise ne soit incitée à gonfler les coûts du projet.
Sur la base de ces projections, Electrabel se verrait garantir un prix de l’électricité de 88,92 euros par mégawattheure, le gouvernement couvrant tout déficit en cas de baisse des prix du marché, ou Be-Nuc restituant tout excédent en cas de hausse des prix.
Réaction du gouvernement
Le gouvernement belge a toutefois contesté ces chiffres. Conformément aux recommandations de la CREG, l’autorité de régulation de l’énergie, le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet a rejeté le budget d’Electrabel en décembre. En conséquence, une garantie de prix provisoire de 90,13 euros par mégawattheure a été mise en place, les ajustements définitifs devant être effectués rétroactivement une fois qu’un accord formel aura été conclu.
Une résolution n’est pas attendue dans l’immédiat, car le gouvernement De Wever a entamé en avril des négociations en vue d’acquérir l’ensemble des actifs nucléaires belges d’Engie, y compris les cinq réacteurs qui ne sont plus opérationnels. Par conséquent, le cabinet du ministre Bihet a suspendu les discussions concernant le budget d’investissement et les garanties de prix jusqu’à la finalisation d’un accord global sur le nucléaire. (fc)
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