Le Conseil européen règle les deux sujets brulants dès le premier jour du sommet

Le président du Conseil européen, Charles Michel. (EPA)

Le premier jour du sommet européen s’est terminé tard cette nuit, mais avec des réponses aux sujets brulants pour l’Europe. Les questions de la Biélorussie et de la Turquie étaient au centre de la table. Les chefs d’État semblent être ressortis satisfaits de ces discussions. Ils ont même eu le temps de discuter des conflits en Azerbaïdjan.

La France, La Grèce, l’Allemagne ou encore Chypre, ils venaient tous avec des objectifs bien différents pour ce sommet européen. Le conflit avec la Turquie et les problèmes de démocraties en Biélorussie sont deux sujets qui animent les débats au sein de l’Union européenne depuis plusieurs mois sans qu’une solution soit trouvée. Aujourd’hui, c’est désormais chose faite.

La carotte et le bâton pour la Turquie

Entre Chypre, la Grèce et la Turquie, le ton est monté ces derniers mois. Ankara a envoyé des bateaux à la recherche de forages gaziers dans la mer méditerranée. Problème : les zones de recherche sont revendiquées par la Grèce et Chypre et les forages sont considérés comme illégaux par les deux pays européens. Mais cela n’a pas empêché les bateaux turcs de continuer leurs expéditions. Depuis plusieurs mois, Athènes et Nicosie demandent des sanctions à l’Europe contre la Turquie. Mais certains pays, comme l’Allemagne, refusent de prendre ce type de mesure pour ne pas abimer les liens entre le pays et l’UE.

Hier soir, les 27 ont trouvé une solution grâce à cette bonne veille technique de la carotte et du bâton. Pour la carotte, l’UE donne à Ankara ‘la perspective de liens plus étroits et de meilleurs échanges commerciaux’ si le pays discute de bonne foi avec la Grèce et Chypre et s’il met fin aux actions unilatérales. Mais si la Turquie continue dans sa voie, ‘nous utiliserons tous les instruments à notre disposition’ et ils sont ‘prêts à être utilisés dès maintenant’, selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Cette technique a permis au Conseil de ménager la chèvre et le chou entre ceux qui voulaient des sanctions et ceux qui préféraient les éviter.

Les sanctions contre la Biélorussie débloquées

La question des gisements d’hydrocarbures en mer méditerranéenne résolue, le Conseil a pu enfin voter les sanctions contre la Biélorussie. Ces dernières étaient prêtes depuis deux semaines, mais Chypre conditionnait son vote à la décision sur la Turquie. Le Conseil s’est donc accordé à l’unanimité, comme toujours, pour appliquer des sanctions contre les responsables de la répression en Biélorussie. ‘L’UE prend des mesures contre ceux qui s’opposent à la démocratie’, a affirmé la chancelière allemande, Angela Merkel, à la sortie du Sommet.

Une quarantaine de personnes ont été désignées comme responsables, mais le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, n’en fait pas partie. Les sanctions, ‘effectives dès vendredi’, sont de deux types : gel des avoirs des personnes ciblées à l’intérieur de l’Union européenne et interdiction d’entrer dans l’un des pays membres. Selon le président français, Emmanuel Macron, si la répression s’intensifie en Biélorussie, ‘on ne s’interdit pas de mettre Loukachenko sous sanctions’

Nagorny Karabakh en Azerbaïdjan.

Le troisième sujet abordé par les chefs d’État portait sur la région de Nagorny Karabakh en Azerbaïdjan. Ce territoire est séparatiste et soutenu par l’Arménie. De nombreux conflits armés ont donc éclaté. Selon Emmanuel Macron, il y a au moins 300 jihadistes venus de Syrie dans la région. La France accuse donc Ankara de les avoir laissé passer et demande à l’OTAN d’agir. Une autre pomme de discorde.

Mais l’Union européenne ne souhaite pas s’impliquer dans ce conflit, pas dans l’immédiat. Les États membres ont seulement condamné toute ingérence.

Au final, cette nuit, chaque chef d’Etat est allé se coucher en ayant réussi à obtenir ce qu’il désirait.