Le cauchemar des drones a commencé

Hier, l’armée a été appelée à la rescousse pour aider l’aéroport de Gatwick, à Londres, à se débarrasser de deux drones qui survolaient la zone aux environs de 21 heures. Ces drones avaient immobilisé au sol près de 120 000 passagers, et obligé des dizaines d’avions à changer d’itinéraire. L’aéroport de Gatwick est le second plus gros aéroport de Grande-Bretagne, et le 8e d’Europe, avec 45 millions de passagers annuels. 

L’aéroport a donc dû fermer pour la seconde journée consécutive hier, après que des drones avaient été repérés en train de voler au dessus de l’aéroport. La veille au soir, le même incident s’était déjà produit. Après la découverte de ces deux drones, la direction de l’aéroport a décidé de suspendre tous les vols. Le trafic n’avait repris que vers 3 heures du matin, mais avait été de nouveau suspendu peu après. Au total, près de 800 vols ont été annulés.

L’impréparation des aéroports à l’égard des drones

Selon la police, ces incidents révèlent que les drones peuvent occasionner des problèmes d’un nouveau genre pour l’aviation, contre lesquels celle-ci n’est absolument pas préparée. La loi britannique prohibe en principe le survol des aéroports par des drones, et ceux-ci ne doivent pas dépasser une altitude de 122 mètres. Mais les procédures d’urgence définies par la police ont atteint leurs limites, et ne permettent pas de répondre à un tel scénario, a expliqué Jason Tingley, le porte-parole de la police britannique. 

Probablement un « loup solitaire » défendant des convictions écologiques

La police cherche maintenant à déterminer la marque et le modèle des drones en cause, notamment grâce aux images des caméras de sécurité de l’aéroport, et aurait mobilisé une vingtaine d’hommes pour retrouver les possesseurs de ces engins. Les motivations terroristes ont été exclues, mais les enquêteurs n’excluent pas l’hypothèse d’un militant environnementaliste qui aurait tenté de semer la pagaille pour défendre ses idées. La police britannique estime en effet qu’il s’agit plus probablement de l’oeuvre d’un « loup solitaire », plutôt que le résultat du travail coordonné d’une équipe dotée d’un plan d’attaque sophistiqué. Le but aurait été de générer le maximum de perturbations à l’approche des fêtes de fin d’année.

Les collisions entre les drones et les avions sont rares, mais très dangereuses

Les collisions entre un drone et un avion sont assez rares, mais elles peuvent occasionner d’énormes dégâts pour l’aéronef, notamment s’il percute l’aile ou le pare-brise, par exemple. Au mois de janvier 2017, un avion de la compagnie Linhas Aereas de Mozambique (LAM) était entré en collision avec ce qui semble être un drone lors de son atterrissage. L’incident était survenu juste avant l’atterrissage du Boeing 737-700 dans la ville de Tete. Le pilote a entendu une forte déflagration, mais il a réussi à faire atterrir l’appareil et ses 86 passagers en toute sécurité. Les dégâts causés à l’avion étaient très importants.

Des systèmes sont à l’étude pour éviter ces collisions. Une startup californienne, Airmap, planche actuellement sur un système de contrôle aérien adapté aux drones. L’objectif est de fournir des données concernant leurs déplacements en temps réel afin d’éviter les accidents avec les avions, d’être informé sur le mauvais temps ou les restrictions de vol temporaires

Ce n’est pas tout à fait une première pour l’aéroport de Gatwick. L’année dernière, il avait déjà fermé une piste d’atterrissage à deux reprises en 30 minutes car un drone avait été signalé aux alentours de la voie d’approche finale, provoquant ainsi des perturbations lors des vols de nuit.

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