Principaux renseignements
- La République démocratique du Congo vaccine les professionnels de première ligne afin d’endiguer l’épidémie mortelle d’Ebola.
- Les autorités sanitaires utilisent le vaccin Ervebo dans le cadre d’un régime d’utilisation exceptionnelle.
- Des essais cliniques devront déterminer si ce traitement offre une protection contre la souche Bundibugyo.
Afin d’endiguer la propagation la plus rapide du virus Ebola jamais observée, la République démocratique du Congo a lancé une campagne de vaccination. Cette initiative vise principalement le personnel médical et les secouristes, qui reçoivent le vaccin Ervebo.
Nécessité médicale
Bien que ce vaccin ait été développé pour une souche plus répandue du virus, les autorités le déploient dans le cadre d’une utilisation compassionnelle, qui autorise l’administration de traitements médicaux dans des situations critiques même s’ils ne sont pas officiellement homologués pour la souche concernée.
Épidémie meurtrière en Ituri
La crise actuelle, provoquée par le virus Bundibugyo, s’est révélée exceptionnellement meurtrière. Les données gouvernementales indiquent que 5 713 personnes ont été infectées, entraînant 2 744 décès, la province d’Ituri étant la plus durement touchée.
L’Organisation mondiale de la Santé avertit que l’épidémie n’est actuellement pas maîtrisée et pourrait potentiellement dépasser l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, qui avait fait plus de 11 000 victimes. Les efforts déployés pour maîtriser la maladie sont encore compliqués par l’instabilité sociale, les migrations massives et les grèves du personnel de santé.
Répartition des vaccins et recherche clinique
En ce qui concerne la réponse médicale, le gouvernement s’est procuré plus de 50 000 doses d’Ervebo, qui font partie d’une livraison plus importante de 70 000 doses autorisée par l’Organisation mondiale de la santé.
Alors que 50 000 doses sont destinées au personnel de première ligne, les 20 000 restantes seront utilisées dans le cadre d’essais cliniques visant à déterminer si le vaccin confère une immunité contre la souche Bundibugyo. Les deux virus présentant des similitudes génétiques, les experts de la santé estiment qu’il pourrait exister une certaine protection croisée, bien que cette hypothèse fasse encore l’objet d’études.
Déploiement régional
Le programme de vaccination s’étendra à 14 districts sanitaires des provinces du Haut-Uele, du Bas-Uele et du Tshopo. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a exhorté les professionnels de santé à participer à la campagne, soulignant que la protection du personnel de santé empêche les soignants de transmettre involontairement l’agent pathogène à leurs propres familles et à leurs voisins. Parallèlement, le CDC Afrique recueillera des données au cours du déploiement afin d’évaluer l’efficacité réelle du vaccin face à l’épidémie actuelle.
(at)
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