Un accord à plusieurs milliards avec Meta remet en question l’approche mondiale des réseaux sociaux


Principaux renseignements

  • Meta versera 18 milliards de dollars (15,4 milliards d’euros) et limitera l’utilisation de ses services par les adolescents américains à deux heures par jour.
  • Les régulateurs du monde entier exigent que les normes de sécurité s’appliquent à tous les enfants, partout dans le monde.
  • Les gouvernements s’orientent vers une responsabilité juridique renforcée et une vérification d’âge plus stricte.

Un accord conclu récemment par Meta, prévoyant le versement d’une somme pouvant atteindre 18 milliards de dollars (15,4 milliards d’euros) pour régler des poursuites judiciaires engagées par la quasi-totalité des États américains, a intensifié les efforts mondiaux visant à protéger les mineurs contre les dangers des réseaux sociaux.

Limite d’utilisation

Pour mettre fin aux allégations selon lesquelles ses plateformes auraient été intentionnellement conçues pour créer une dépendance, Meta mettra en place des restrictions strictes pour les utilisateurs américains de moins de 18 ans, notamment une limite standard de deux heures d’utilisation quotidienne. Bien que l’entreprise n’ait admis aucune faute, cet accord prouve que les géants de la technologie disposent des moyens techniques nécessaires pour protéger les jeunes contre les fonctionnalités néfastes.

Réactions des régulateurs mondiaux

Cette évolution a suscité des réactions de la part des régulateurs mondiaux, qui estiment que de telles protections devraient être universelles, rapporte Reuters. En Corée du Sud, les responsables ont fait valoir que les nouvelles mesures de sécurité de Meta devraient s’appliquer à tous les jeunes utilisateurs à l’échelle mondiale, et pas seulement à ceux des États-Unis.

De même, la Malaisie – qui interdit l’inscription sur les réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans – a considéré cet accord comme une étape nécessaire pour responsabiliser les plateformes quant à leur impact.

Exigences de la Commission européenne

En Europe, la Commission européenne fait pression pour des réformes encore plus ambitieuses. Ayant déjà constaté une violation préliminaire de la loi sur les services numériques par Meta, la Commission exige la suppression du défilement infini et de la lecture automatique par défaut, ainsi que de meilleurs systèmes de recommandation et une vérification d’âge plus stricte.

Les représentants européens ont souligné que Meta devait désormais prendre des mesures décisives pour améliorer le contrôle parental et la gestion du temps passé devant les écrans.

Difficultés de mise en œuvre en Australie

Parallèlement, l’Australie est confrontée à des difficultés dans l’application concrète de sa propre interdiction pionnière des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans. Malgré la loi, des rapports indiquent qu’une grande majorité de mineurs restent actifs sur ces plateformes en raison de processus de vérification de l’âge défaillants.

Cet échec a conduit les législateurs australiens à étendre leur autorité réglementaire et à augmenter considérablement le montant des amendes potentielles.

L’évolution vers la responsabilité juridique

La tendance s’oriente également vers la responsabilité juridique dans d’autres régions. À travers l’Asie, des pays comme l’Inde, l’Indonésie et les Philippines cherchent à renforcer la surveillance afin de lutter contre les escroqueries et l’exploitation des enfants.

En Australie, des experts juridiques étudient désormais la possibilité d’intenter des recours collectifs similaires à ceux menés aux États-Unis, dans le but de déterminer si la conception de ces plateformes a causé un préjudice systémique aux familles locales.

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