Principaux renseignements
- Les sociétés de capital-investissement captent désormais près de 24,4 milliards de livres sterling (28,3 milliards d’euros) des dépenses publiques britanniques consacrées aux infrastructures.
- La recherche du profit menace la qualité des services et les salaires des travailleurs dans les secteurs essentiels.
- Un endettement élevé risque d’entraîner l’effondrement total des services publics essentiels.
Des données récentes indiquent une pénétration significative du capital-investissement dans les infrastructures publiques britanniques. Environ 8,8 pour cent des dépenses liées aux marchés publics sont allouées à ces sociétés. Au cours de l’exercice fiscal s’achevant en avril 2025, ce montant s’élevait à près de 24,4 milliards de livres sterling. Cette situation affecte des secteurs essentiels. En effet, la santé, la gestion des déchets et les transports sont concernés. The Guardian rapporte ça.
Répartition entre les secteurs publics
L’ampleur de cette implication est manifeste dans diverses branches de l’administration. Les collectivités locales ont alloué environ 10 pour cent de leurs dépenses externes, près de 9,8 milliards de livres sterling, à des entreprises dirigées par des fonds de capital-investissement. Cela inclut notamment des paiements substantiels versés à CVC Capital Partners pour des services d’infrastructure. De même, le NHS a consacré plus de 5 milliards de livres sterling, soit 10,7 pour cent de son budget externe, à ces entités. Par ailleurs, des sommes importantes vont à des entreprises telles que Vitruvian Partners. En outre, un fournisseur de logiciels cogéré par TA Associates et Hg Capital reçoit aussi des fonds. Le ministère de l’Éducation a également vu 11 pour cent de ses dépenses externes, totalisant près de 600 millions de livres sterling, aller à des groupes soutenus par des fonds de capital-investissement. Notamment, cela concerne Portakabin et BPP Education Group.
Inquiétudes concernant la qualité des services et le bien-être
Les détracteurs qualifient cette tendance de « pandémie financière », arguant que la priorité accordée à la maximisation des profits entre souvent en conflit avec le bien-être des usagers des services. Natalie Bennett, ancienne présidente du Parti vert, suggère qu’une préférence idéologique pour la prestation de services par le secteur privé a mis en danger les populations les plus vulnérables, en particulier au sein du système de prise en charge des enfants. De plus, Sarah Longlands, du Centre for Local Economies, met en garde contre le fait que la recherche de rendements élevés exerce une pression à la baisse sur la qualité des services et les salaires des travailleurs.
Le risque lié à l’effet de levier financier
D’un point de vue économique, le professeur Ludovic Phalippou, de l’université d’Oxford, souligne que le principal danger ne réside pas dans le capital-investissement en soi, mais dans les niveaux élevés d’endettement, ou effet de levier, auxquels recourent ces entreprises. Cette fragilité financière rend les services essentiels plus vulnérables à l’effondrement, un risque déjà observé dans les difficultés rencontrées par certaines enseignes de grande distribution et dans la crise entourant Thames Water.
Défense du secteur et impact économique
Pour défendre le secteur, UK Private Capital affirme que ces sociétés d’investissement sont fondamentales pour l’économie nationale. L’organisme soutient qu’en attirant des capitaux internationaux et en finançant environ 13 000 entreprises, principalement des petites et moyennes entreprises, le capital-investissement stimule l’innovation et la productivité. L’organisme sectoriel souligne en outre que les plus grandes sociétés respectent les normes de transparence et de divulgation connues sous le nom de « lignes directrices Walker ».
(mv)
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