Principaux renseignements
- L’Allemagne sollicite l’autorisation des États-Unis pour fabriquer sur son territoire des armements américains de pointe.
- Une coproduction industrielle permettrait de pallier les retards de fabrication aux États-Unis et d’accélérer le réarmement européen.
- Ce partenariat s’inscrit dans l’intérêt des États-Unis, qui souhaitent renforcer la sécurité régionale et la défense de l’Ukraine.
L’Allemagne fait activement pression sur les États-Unis pour obtenir l’autorisation de fabriquer sur son territoire des armements américains de pointe. Selon des informations du Financial Times, cette initiative vise à pallier les lacunes de l’Europe en matière de défense et à garantir le maintien de l’engagement américain en faveur de la sécurité régionale.
Les autorités allemandes espèrent qu’un cadre officiel de coproduction pourra être mis en place avant le prochain sommet de l’OTAN à Ankara.
Partenariats industriels
Cette stratégie s’inscrit dans un effort européen plus large visant à tirer parti des partenariats industriels pour stabiliser les relations diplomatiques souvent tendues avec les États-Unis. Les négociations en cours exploreraient, selon certaines sources, des « concepts de coproduction » globaux qui uniraient les secteurs de la défense des deux nations. Ces discussions pourraient notamment porter sur la fabrication conjointe d’intercepteurs PAC-3 pour les systèmes Patriot ainsi que de missiles de croisière Tomahawk.
Remédier aux retards de production
Les responsables allemands affirment que le transfert d’une partie de la production vers la plus grande économie européenne permettrait de pallier les retards de fabrication américains, qui se sont accentués à la suite des conflits avec l’Iran. Parallèlement, l’accord permettrait de rationaliser la livraison d’armements à l’Allemagne, alors que celle-ci renforce rapidement ses capacités militaires en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine.
Le ministère allemand de la Défense a mis en avant les synergies existantes, telles que le rôle de Rheinmetall dans la fabrication de composants du fuselage du F-35 et l’usine commune MBDA-Raytheon produisant les missiles GEM-T. De plus, Berlin discuterait actuellement d’un éventuel partenariat entre Raytheon et MBDA visant à créer une variante du Tomahawk lancée depuis le sol.
Politique américaine
Cette proposition va dans le sens des suggestions du président américain Donald Trump, qui a envisagé d’autoriser des entreprises américaines à fabriquer des armes sous licence en Ukraine et en Europe. Lors du sommet du G7 à Évian, Trump s’est montré ouvert à l’idée d’étudier cette possibilité. Dans le même temps, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souligné l’urgence d’augmenter la production de missiles.
Il a fait valoir que les niveaux de production actuels des États-Unis sont insuffisants pour contrer les capacités croissantes de la Russie en matière de missiles balistiques et a demandé aux États-Unis d’accorder à l’Ukraine les droits de licence nécessaires pour produire localement des intercepteurs Patriot.
(at)
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