L’Allemagne connait son plus grand déficit depuis la réunification

Michael Kappeler/dpa/Pool/dpa/Isopix

En raison de coûts dégagés pour lutter contre le coronavirus, l’Allemagne enregistre un déficit budgétaire pour la première fois depuis 2013. C’est aussi le plus important depuis la Réunification voici 30 ans.

En 2020, le déficit a atteint 189,2 milliards d’euros. En 2019, le pays avait eu un excédent budgétaire de 45,2 milliards d’euros. Ce déficit s’explique par la pandémie de coronavirus qui a conduit l’Allemagne à prendre des mesures de soutien. Elle a notamment investi des milliards dans la compagnie Lufthansa et a déployé d’importants moyens pour le chômage temporaire.

Retour de la croissance dans l’UE, mais…

Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement augmenté mardi sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro, à 4,4%, alors que l’Europe devrait bénéficier des retombées du plan de relance américain face à la pandémie.

Cependant, l’écart se creuse avec les Etats-Unis qui vont sortir plus vite de la pandémie grâce à une vaccination plus rapide tandis que les 1.900 milliards de dollars du plan Biden auront un impact plus massif et plus rapide sur leur économie. La prévision pour la zone euro dépasse de 0,2 point de pourcentage celle publiée en janvier, mais la croissance du Produit intérieur brut américain est attendue en hausse de 6,4% cette année, soit une révision à la hausse de 1,3 point. L’Allemagne devrait enregistrer une croissance de 3,6% (+0,1 point par rapport à janvier), la France +5,8% (+0,3 point), l’Italie +4,2% (+1,2 point) et l’Espagne +6,4% (+0,5 point).

Le Royaume-Uni, qui a quitté début janvier le marché intérieur européen, bénéficie comme les Etats-Unis d’une amélioration de ses perspectives grâce à une campagne de vaccination bien plus rapide qu’en Europe continentale. Le PIB britannique devrait augmenter de 5,3% cette année, selon le FMI qui a rehaussé son estimation de 0,8 point par rapport à janvier. Alors que l’économie chinoise avait retrouvé dès 2020 son niveau d’avant la pandémie, celle des Etats-Unis devrait y arriver cette année. Mais, « dans la zone euro et au Royaume-Uni, l’activité devrait rester inférieure aux niveaux de la fin 2019 jusqu’en 2022 », estime le FMI.

« Ces écarts s’expliquent par des différences dans les politiques (…) de santé publique en réponse à la pandémie, la flexibilité et l’adaptabilité de l’activité économique à une faible mobilité, les tendances préexistantes et les rigidités structurelles antérieures à la crise », note l’organisation internationale, sans plus de précisions.

Le plan Biden devrait stimuler l’économie américaine sur 2021-22, « avec des retombées importantes pour les principaux partenaires commerciaux des États-Unis », indique encore le FMI. Sur l’année 2022, il prévoit 3,8% de croissance pour les 19 pays de la zone euro (+0,2 point par rapport à la précédente estimation).

Mais ces derniers ne rattraperaient que marginalement leur retard sur les Etats-Unis dont le PIB devrait progresser de 3,5% (chiffre revu en hausse de 1 point).

Pour en savoir plus :