Principaux renseignements
- Des généraux quatre étoiles se sont officiellement opposés à la décision du secrétaire Pete Hegseth de maintenir 50 000 soldats au Moyen-Orient.
- Les déploiements prolongés épuisent des ressources essentielles et compromettent la préparation militaire mondiale.
- La dissidence collective parmi les hauts commandants est le signe d’un surétalement stratégique dangereux.
Des tensions ont éclaté au sein du ministère américain de la Défense à la suite d’allégations selon lesquelles le secrétaire à la Défense Pete Hegseth aurait fréquemment ignoré les avertissements de hauts responsables militaires.
Selon un article du Washington Post, des documents internes issus du « Secretary of Defense Orders Book » — un bilan périodique de la disponibilité des moyens à l’échelle mondiale — révèlent que quatre généraux quatre étoiles se sont officiellement opposés à la décision de maintenir plus de 50 000 militaires au Moyen-Orient jusqu’à fin 2026, voire potentiellement jusqu’en 2027.
Préoccupations concernant la sécurité mondiale
Ces hauts responsables, parmi lesquels figurent les chefs des commandements du Sud, du Pacifique et d’Europe ainsi que l’amiral en chef de la Marine, ont émis des « avis défavorables ». Bien que cette procédure formelle traduise un profond désaccord avec la ligne directrice du secrétaire, les officiers restent tenus d’exécuter les ordres.
La principale préoccupation de ces commandants ne réside pas dans la nature du conflit lui-même, mais dans son impact néfaste sur la préparation militaire mondiale. Alors que la guerre entre dans son septième mois et qu’aucune solution diplomatique claire ne se profile, les dirigeants font valoir que la présence prolongée au Moyen-Orient épuise des ressources nécessaires ailleurs.
Pression sur la marine
La Marine américaine a été particulièrement touchée, ayant passé des mois à gérer les blocus et à dissuader l’Iran d’agir dans le détroit d’Ormuz. L’amiral Daryl Caudle, chef des opérations navales, aurait averti Hegseth que le rythme opérationnel actuel n’était pas tenable sans une date de fin définie. Ces déploiements prolongés auraient entraîné une baisse de l’entretien des navires et de leur disponibilité globale, compromettant ainsi la capacité de l’armée à répondre à des crises dans d’autres régions.
De même, l’amiral Samuel Paparo, du Commandement indo-pacifique, ainsi que d’autres chefs régionaux, ont fait remarquer que le détournement de porte-avions, de destroyers et d’avions de surveillance vers le Commandement central compromet les obligations de sécurité dans l’hémisphère occidental et en Europe.
Réponse du ministère de la Défense
En réponse à ces révélations, Sean Parnell, assistant du secrétaire à la Défense chargé des affaires publiques, a condamné la fuite du rapport classifié, la qualifiant d’acte criminel et de trahison. Parnell a fait valoir que les désaccords formels font partie intégrante des opérations militaires et que le secrétaire encourage les retours d’expérience francs. Il a rejeté les allégations concernant des problèmes de préparation opérationnelle, suggérant que le rapport était motivé par une animosité politique à l’égard du secrétaire Hegseth et du président Donald Trump.
Surengagement
Cependant, l’ancien ambassadeur en Israël, Dan Shapiro, a contredit ce point de vue, affirmant que si les objections isolées sont courantes, un consensus collectif parmi les hauts gradés constitue un signe avant-coureur critique. Shapiro a fait valoir qu’une telle dissidence généralisée indique que l’armée américaine est surengagée, suggérant que la poursuite de la stratégie en Iran crée de dangereuses vulnérabilités sur d’autres théâtres stratégiques. (fc)
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