L’accord Boeing-Airbus n’a qu’un but: faire front contre la Chine

L’Union européenne et les États-Unis ont annoncé la semaine dernière la suspension pour 5 ans des tarifs douaniers liés au conflit entre Boeing et Airbus. Si cette décision met un terme au moins provisoire à un désaccord qui dure depuis 17 ans, elle a surtout pour but de créer un duopole contre la Chine.

Airbus et Boeing sont les deux plus grands constructeurs aéronautiques mondiaux. La plupart des avions commerciaux ont été construits par ces deux entreprises qui n’ont jamais cessé de se faire la guerre. Toutefois, un nouveau constructeur a bien l’intention d’entrer dans la course: la Commerical Aircraft Company of China (COMAC).

L’entreprise, en grande partie financée par Pékin, est sur le point de faire approuver par l’Autorité chinoise de l’aviation son premier avion. Le C919 dispose de 168 places, soit une capacité proche de l’Airbus A320 et du Boeing 737. Et son but est justement de concurrencer ces deux avions.

Avantages et inconvénients

COMAC dispose d’avantages certains sur Airbus et Boeing. Tout d’abord, la Chine possède un énorme marché pour l’aviation. Le pays est sorti beaucoup plus rapidement de la pandémie que l’Occident et le secteur aérien a pu reprendre assez rapidement, sans avoir été trop été impacté par la crise, au contraire des entreprises européennes et américaines. Les compagnies seront donc plus enclines à augmenter leur flotte dans les prochaines années.

Ensuite, Boeing n’a toujours pas reçu l’autorisation de refaire voler son 737 Max en Chine, après 20 mois cloué au sol. Il est difficile de dire si les raisons de la Chine sont purement sécuritaires après qu’un problème sur l’appareil a provoqué deux crashs mortels ou si le pays veut également offrir plus de place à son constructeur national.

Enfin, la Chine est également un pays où le nationalisme est poussé à l’extrême. Et les compagnies aériennes seront certainement incitées à acheter les avions de la COMAC plutôt que ceux d’Airbus ou de Boeing.

Par contre, la COMAC n’a ni l’expérience ni les réseaux de clients de ses concurrents européens et américains. Se lancer sur le marché international sera compliqué:

  • La plupart des aéroports du monde accueillent des Boeing et des Airbus. Ils savent donc comment les réparer et ont même des pièces de rechange en stock.
  • Une partie des avions utilisés par les compagnies aériennes sont loués. Les entreprises de location ont beaucoup de difficulté à acheter d’autres marques, car elles ne savent pas s’ils seront loués pendant toute leur durée de vie, autrement dit leur fiabilité. La question s’était déjà posée lorsque Bombardier avait créé ses propres avions. Même si ceux-ci étaient de très bons appareils et que plusieurs compagnies étaient prêtes à les louer, les entreprises de location ne savaient pas s’ils seraient loués lors d’un deuxième ou d’un troisième bail, des années plus tard.

Un duopole contre la Chine

Ce qui énerve le plus les Américains et les Européens, c’est qu’une entreprise gagne de l’importance grâce à des subsides d’un État, surtout sur un marché aussi concurrentiel. C’est d’ailleurs la raison du conflit qui a opposé les deux géants de l’aéronautique pendant 17 ans.

Si l’Union européenne et les États-Unis ont quelque peu aidé leur propre constructeur, ce n’est rien comparé aux sommes folles dépensées par Pékin pour lancer COMAC. Lors de la réunion entre les États-Unis et l’UE la semaine dernière, qui a mené à une trêve sur les tarifs douaniers, le président américain Joe Biden s’est félicité de ce travail main dans la main qui doit « contester et contrer les pratiques non marchandes de la Chine dans ce secteur qui donnent aux entreprises chinoises un avantage injuste ».

Cet accord bénéficiera plus à Airbus qu’à Boeing. Le plus gros constructeur du monde a déjà énormément de problèmes avec certains modèles défectueux. Il comptait notamment sur les tarifs douaniers contre l’Europe pour ne pas perdre son avance sur Airbus. Les Etats-Unis ont toutefois un avantage dans cette trève puisque les sanctions européennes ne sont autorisées par l’OMC que depuis quelques mois. Les entreprises américaines n’en ont donc que peu souffert.

« Le problème très réel est que la Chine manipule le marché en faisant jouer Airbus et Boeing l’un contre l’autre et en exigeant des transferts de technologie comme condition des commandes », a expliqué Richard Aboulafia, expert en aviation chez Teal Group, à l’AFP.

L’idée est donc clairement de faire travailler ensemble Airbus et Boeing pendant les prochaines années pour que COMAC n’ait pas la possibilité de se développer et de devenir un troisième gros constructeur dans le secteur. L’ennemi commun écarté, Boeing et Airbus pourront reprendre leur guerre pour devenir la plus grosse entreprise aéronautique du monde.

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