Avec cet avion, la Chine veut se débarrasser définitivement de Boeing et d’Airbus

Un C9191 en action à l’aéroport de Pékin. (Xinhua/Isopix)

Cette semaine, lors d’un sommet en Alaska, Washington et Pékin discutent de l’avenir du Boeing 737 MAX en Chine. Mais entre-temps, la Chine est déjà occupée à développer son propre avion de ligne: le C919. L’appareil devrait porter la croissance économique et la réouverture du tourisme chinois. On peut se demander s’il y aura encore de la place pour les avions de Boeing et d’Airbus.

La reprise rapide de l’économie chinoise pendant la pandémie devra bientôt passer à la vitesse inférieure si le pays ne parvient pas à remplacer le 737 MAX de Boeing. Les avions de Boeing sont au sol dans le pays asiatique depuis 2019 suite au crash du vol 302 d’Ethiopian Airlines le 10 mars 2019.

Mais la Chine travaille depuis déjà un certain temps à un remplacement des avions américains de Boeing et européens d’Airbus. Ce remplacement pourrait même être permanent. L’entreprise publique Commercial Aircraft Corporation of China (Comac), basée à Shanghai, conçoit et teste depuis 2015 le plus grand avion de ligne jamais construit dans le pays: le Comac C919.

815 commandes

Le C919 est un avion d’une capacité d’au moins 190 sièges. Les avions 737 MAX de Boeing peuvent transporter au maximum de 172 à 210 passagers, selon le modèle.

Alors que plusieurs pays, dont la Chine, ont dû cesser temporairement d’utiliser des avions Boeing depuis les problèmes techniques du 737 MAX, la Chine montre un intérêt croissant pour le C919. En 2019, le gouvernement chinois a passé 815 commandes pour cet appareil. Cette même année, les derniers vols d’essai du C919 ont également été effectués. Depuis lors, l’appareil serait prêt pour entrer dans l’espace aérien, bien que cela doive encore être confirmé par les experts du gouvernement chinois.

Selon Wu Guanghui, le concepteur en chef du C919, l’avion de ligne serait prêt à être mis en service dès la fin de 2021.

Des personnes posent devant un C919 dans la province du Xinjiang. (Liu Jian/Xinhua/Isopix)

Beaucoup de responsabilités pour le C919

Le modèle chinois a donc une mission difficile sur les bras. Si le C919 est déployé pour remplacer le 737 MAX, le reste de la reprise économique de la Chine reposera sur les épaules de l’appareil et de la société à son origine. Le C919 sera également utilisé pour soutenir le trafic intense des touristes chinois, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Comac doit encore prouver qu’elle est capable de gérer cette situation et, surtout, de se positionner en tant que leader du marché national face à des acteurs comme Airbus et Boeing. À cette fin, l’entreprise chinoise recevra probablement une injection financière et des conseils supplémentaires de l’État chinois.

Désordre organisationnel

En décembre, le Centre for Strategic and International Studies, un groupe de réflexion américain, a qualifié la compagnie chinoise de véritable fouillis organisationnel. L’entreprise ne représenterait également aucune menace pour Airbus et Boeing. L’analyste Scott Kennedy, du groupe de réflexion, a également prédit que la Chine avait peu ou pas du tout de chances de rendre le C919 compétitif par rapport à des entreprises comme Boeing.

L’avionneur américain pourrait pâtir de cet excès de confiance. Il semble qu’après l’introduction réussie du C919, Boeing sera complètement évincé du marché chinois. Surtout maintenant que le gouvernement chinois s’engage pleinement dans l’investissement d’énormes sommes d’argent dans un déploiement accéléré des modèles de cet avion chinois.

Si la Chine parvient à rendre l’avion attrayant sur le plan international (elle prévoit une forte croissance du Comac au cours des vingt prochaines années), la situation pourrait mal tourner pour l’ensemble des avionneurs occidentaux.

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