La solution pour l’immigration clandestine ? La vente de visas

Le discours anti-immigration qui n’était auparavant diffusé que par l’extrême droite, a maintenant gagné le grand public, observe l’intellectuel et écrivain français Gaspard Koenig dans un article d’opinion dans le journal français Les Echos. De l’autre côté, les humanistes ne peuvent guère faire valoir leur point de vue, quand les questions liées à l’immigration clandestine, les trafiquants et les nombreux noyés dominent régulièrement les médias, dit ce libéral qui a écrit des discours pour l’actuelle patronne du FMI, Christine Lagarde.   Cependant, il y aurait un moyen facile de réguler en douceur l’immigration économique (qu’il distingue du droit universel à l’asile, qui doit resté sacré): la vente de visas. Koenig cite Emmanuelle Auriol, qui enseigne l’économie à l’École d’économie de Toulouse, et l’idée qu’elle suggère dans son livre “Pour en finir avec Les mafias” : “Puisque les politiques répressives de contrôle des frontières et d’identités ne sont pas efficaces contre les passeurs, une idée naturelle est d’utiliser des instruments tels que les prix et le marché pour les éliminer”. Selon Koenig, cette immigration légale et payante remplacerait l’immigration clandestine. Cela permettrait non seulement d’éliminer les trafiquants qui y sont impliqués, mais aussi de générer des recettes fiscales qui pourraient être utilisées pour améliorer l’accueil des migrants, et la lutte contre le travail non déclaré. Les profils des candidats éligibles à cet achat de visa devraient être définis au terme de négociations avec les entreprises et les partenaires sociaux. De même, il serait nécessaire de conclure des accords bilatéraux avec les pays d’origine pour simplifier les procédures de migration, notamment grâce à l’intervention d’agences spécialistes du recrutement privées (Espagne déjà pris des mesures dans ce sens). Koenig n’ignore pas que  l’idée de la vente de visas pourrait indigner une large frange de la population, qui pourrait s’émouvoir de l’amoralité d’un procédé qui ne profitera qu’aux plus riches, et qu’elle pourrait assimiler à une “marchandisation”.“Mais vaut-il mieux laisser un Erythréen entre les mains de mafias sans scrupules, ou lui permettre d’acheter sa nouvelle vie à un prix raisonnable, et de prendre tranquillement l’avion pour l’Europe ?”