La récente baisse de l’or jugée temporaire par les experts


Principaux renseignements

  • Les banques centrales ont vendu de l’or pour se procurer des liquidités d’urgence, et non par manque de confiance.
  • Les liquidations forcées créent une baisse temporaire qui précède un marché haussier majeur.
  • L’or sert d’assurance monétaire essentielle contre la dette mondiale et l’instabilité politique.

Stephen Innes, de SPI Asset Management, suggère que la récente liquidation obligatoire des réserves d’or souveraines pourrait en réalité servir de tremplin à la prochaine grande tendance haussière du métal précieux. S’adressant à Kitco News, Innes a précisé que ces ventes étaient motivées par des besoins urgents de liquidités plutôt que par un manque de confiance fondamental dans l’or. Bien que les investisseurs aient initialement craint que les banques centrales ne se détournent de cet actif à la suite de la crise dans le détroit d’Ormuz, les experts soutiennent que ces mesures constituaient des réponses stratégiques à l’instabilité plutôt qu’un changement de philosophie à long terme.

L’impact de la crise d’Ormuz

Le conflit en Iran et le blocus du détroit d’Ormuz qui s’en est suivi ont créé un besoin désespéré de dollars américains parmi les pays importateurs d’énergie. Innes a qualifié cette période de « margin call du monde physique », où même les réserves nationales les plus sûres ont dû être liquidées pour soutenir la stabilité financière nationale. Cette vague de ventes a été interprétée à tort par le marché dans son ensemble comme un abandon structurel de l’or, alors qu’il s’agissait en réalité d’une tactique d’urgence pour gérer un choc énergétique sévère.

Selon Innes, l’or suit généralement un cycle spécifique en période de crise : il est souvent malmené lors des premières vagues de panique inflationniste, mais reprend de la vigueur dès que les dommages économiques qui en résultent obligent les banques centrales à adopter des politiques monétaires plus accommodantes. Il note que les mêmes courbes de rendement qui ont initialement pesé sur l’or pourraient finalement constituer un puissant facteur favorable, les investisseurs anticipant un assouplissement des conditions financières d’ici 2027.

Triage des réserves et reprise économique

La situation en Turquie illustre parfaitement la manière dont les nations utilisent leurs réserves d’or pour atténuer les effets des chocs pétroliers. Le stratège de Wall Street Jeffrey Currie a précédemment noté que lorsque les banques centrales passent de l’accumulation d’or à la vente forcée de celui-ci, la demande pour cet actif connaît un fléchissement temporaire. Cependant, Innes soutient qu’il s’agit d’un « triage des réserves » plutôt que d’un changement idéologique, et que la tendance s’inversera dès que la croissance économique ralentira et que les décideurs politiques reviendront à des positions accommodantes.

Dans une perspective mondiale plus large, Innes met en évidence un déséquilibre important : les capitaux ont massivement afflué vers les secteurs numériques et l’IA, tandis que l’économie réelle et les infrastructures liées aux matières premières ont été négligées. Il estime que les matières premières sont actuellement les actifs les plus sous-évalués dans l’environnement macroéconomique mondial.

L’or comme assurance monétaire

De plus, l’or évolue d’une simple couverture contre l’inflation vers une forme d’assurance monétaire globale. Dans un contexte mondial marqué par l’augmentation de la dette, l’instabilité politique et l’instrumentalisation des systèmes financiers, l’or offre une protection. En témoigne l’accumulation constante de ce métal par la Chine afin de protéger ses réserves face à un ordre international en fragmentation.

En fin de compte, Innes considère la récente correction des prix comme un « événement purificateur » qui a éliminé les excès spéculatifs plutôt que comme un effondrement du marché. Il estime que l’or prospère lorsque la confiance dans la capacité des décideurs politiques à gérer le système mondial vacille. Compte tenu du climat actuel de sanctions, de croissance de la dette et de tensions géopolitiques, ce scepticisme devient un puissant moteur pour cet actif. Par conséquent, les ventes forcées de 2026 n’ont peut-être pas mis fin à la prospérité de l’or, mais ont au contraire marqué le début d’une nouvelle phase de son marché haussier. (fc)

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