La natalité chinoise s’effondre : elle n’avait jamais été aussi basse depuis 1978

La Chine est confrontée à un vieillissement sans précédent de sa population, et le nombre de naissances continue à baisser. Une catastrophe annoncée, mais très difficile à éviter, et qui pourrait avoir des conséquences économiques majeures pour le titan asiatique.

Tous les analystes s’accordent sur ce point : parmi les grands challenges à venir que la Chine aura à surmonter avant de prétendre au titre de première puissance économique mondiale, la baisse du nombre de naissances n’est pas le plus aisé. C’est un problème qui n’est pas propre à la Chine : les États-Unis, l’Europe, et de nombreux pays d’Asie du sud-est sont confrontés à la baisse progressive du nombre de naissances. Mais dans l’Empire du Milieu, celui-ci prend des proportions sans doute uniques dans l’histoire humaine : malgré la suppression des politiques de contrôle des naissances, 2020 était la quatrième année consécutive à voir la natalité baisser.

Moins de 10 naissances pour 1 000 habitants

Selon les données publiées par le bureau national chinois des statistiques, il n’ y a eu que 8,5 naissances pour 1 000 personnes en 2020. C’est la première fois depuis des décennies que ce chiffre est tombé en dessous des 10 venues au monde pour 1 000 citoyens chinois, et c’est le chiffre le plus bas jamais enregistré depuis 1978, soit une époque où le gouvernement mettait en place les premiers mécanismes de limitation drastique des naissances.

. L’annuaire statistique, publié ce week-end, indique que le taux naturel de croissance de la population – qui prend en compte les naissances et les décès – a atteint un nouveau plancher de 1,45. Un taux donc toujours positif, mais pour combien de temps encore ? En 2019, le pays avait été le théâtre de 14,6 millions d’heureux événements, soit une baisse de pas moins de 4% par rapport à l’année précédente.

Des naissances trop chères

Si les organismes officiels chinois n’avancent pas d’explication pour cette chute libre, de nombreux facteurs ont déjà été identifiés : la « politique de l’enfant unique » en vigueur entre la fin des années 70 et 2015 a fortement contribué à réduire le taux de natalité, malgré les nombreuses exceptions possibles à ce régime durant ses dernières années et sa récente suppression quasi-complète. Mais les difficultés économiques entrent aussi en jeu : les Chinois retardent toujours plus la fondation d’une famille, qui parait trop chère face à l’augmentation du coût de la vie en général, et du logement et de l’enseignement en particulier.

La Chine est en outre un pays où la proportion de divorces est fort élevée, même si ceux-ci ont baissé en 2020 – une première depuis 1985 – avec 4,3 millions de séparations enregistrées. Mais le nombre de mariages a lui aussi diminué, selon l’office des statistiques du pays : il en a dénombré 8,14 millions, contre 9,27 millions l’année précédente. Un nombre en déclin pour la septième année consécutive, selon The Guardian.

Pas assez de femmes

Or, la Chine est aussi confrontée à un déséquilibre croissant entre les genres : les traditions patriarcales du pays ont provoqué un très grand nombre d’avortements sélectifs en vue de privilégier la naissance d’un fils, voire d’abandons ou même d’infanticides des filles, car traditionnellement, les filles s’occupent surtout de leur belle-famille après le mariage. Les couples craignent donc qu’en cas de naissance d’une fille ils n’aient finalement plus personne pour s’occuper d’eux une fois âgés. Cette crainte est renforcée par l’absence d’un système de protection sociale généralisé en Chine. Conséquence : il y a bien plus d’hommes que de femmes, ce qui en contraint beaucoup au célibat. Et la situation ne va guère s’arranger, avec 118 pour cent de naissances masculines enregistrées en 2010.

Cette situation va confronter la Chine à une baisse drastique de la proportion de sa population en âge de travailler, dans les années à venir. Au risque de se retrouver avec une économie qui n’arrive plus à compenser les départs à la retraite avec de nouveaux jeunes travailleuses et travailleurs. Un péril qui pourrait empêcher à lui seul la Chine de s’emparer du statut de première économie mondiale, et que les dirigeants du pays tentent de contrebalancer par tous les moyens. Jusqu’à, déjà, limiter officieusement le droit des femmes à l’avortement sous prétexte d’encourager à faire des enfants. Ainsi, dans certaines provinces, une femme doit maintenant recueillir l’accord de trois médecins pour obtenir une IVG.

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