La NASA a activé son nouveau système d’alerte aux collisions d’astéroïdes

C’est le genre d’information qui, quel que soit notre degré de familiarité avec les thématiques spatiales, ne peut que nous aider à mieux dormir : la NASA a annoncé qu’elle avait activé Sentry-II, son tout nouveau système de surveillance des objets interstellaires susceptibles de percuter la Terre.

Sentry-II est un système de surveillance à l’échelle de notre système planétaire qui peut, à partir de données recueillies par des télescopes, déterminer la trajectoire d’un astéroïde au cours du siècle à venir. Si un impact s’avère un jour probable, nous serions ainsi avertis suffisamment à l’avance pour prendre les contre-mesures nécessaires.

Changements de trajectoire imprévus

Bien sûr, cela fait longtemps que nous sommes conscients qu’il y a là haut des objets imposants lancés à des vitesses difficilement concevables, et qui pourraient causer de gros dégâts si d’aventure ils se retrouvent à croiser notre planète d’un peu trop près. Ce n’est donc pas le premier système d’alerte que met en place l’agence spatiale américaine, rappelle Javier Roa Vincens, aujourd’hui à bord de SpaceX, mais qui a dirigé le développement de Sentry-II au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA: « La première version de Sentry était un système très performant qui a fonctionné pendant près de 20 ans. Elle était basée sur des mathématiques très intelligentes. En moins d’une heure, vous pouviez obtenir de manière fiable la probabilité d’impact d’un astéroïde nouvellement découvert au cours des 100 prochaines années – un exploit incroyable. »

Un outil déjà fort utile, mais insuffisant dès qu’on prend en compte les petites variables difficiles à calculer, comme l’effet Yarkovsky, soit la conséquence que le rayonnement du soleil peut avoir sur la trajectoire d’un astéroïde en créant une différence de chaleur entre sa face éclairée et celle tournée vers le noir spatial. Ce qui le fait tourner sur lui-même et fait varier quelque peu son orbite. Mais à l’échelle de l’espace, ce petit décalage peut provoquer de véritables changements de trajectoires.

La menace Apophis

Une donnée que Sentry-II est capable de prendre en compte. Il est aussi programmé pour recalculer très rapidement ses résultats en cas de détection d’un gros astre imprévu, comme ça nous est récemment arrivé plusieurs fois, avec le géocroiseur Apophis par exemple, un objet de 40 à 50 millions de tonnes découvert seulement en 2004 et qui croise l’orbite terrestre par deux fois à chacune de ses révolutions. Et ce n’est pas pour rien qu’il a reçu le nom du serpent du chaos primordial des anciens mythes égyptiens : c’est le seul objet à avoir atteint un temps le niveau 4 sur l’échelle de Turin, qui classe les risques d’impacts d’objets géocroiseurs, tels les astéroïdes ou les comètes. Depuis, la NASA a relativisé le risque, mais Apophis reste très surveillé.

Enfin, calculer les trajectoires d’astéroïdes, c’est une chose ; mais les comparer avec la position de la Terre à chaque instant, s’en est une autre, et Sentry-II en est capable. Alors que le Sentry original examinait des points régulièrement espacés le long de la région d’incertitude, puis analysait chacun d’entre eux plus en profondeur sur la base de certaines hypothèses de trajectoire, Sentry-II utilise des milliers de points aléatoires le long de la région d’incertitude, sans aucune hypothèse quant à ceux qui sont plus susceptibles d’être touchés que les autres. Cela signifie essentiellement que Sentry-II a moins de préjugés quant aux points de l’orbite potentielle d’un astéroïde, ce qui pourrait permettre de détecter des scénarios de cas dangereux que Sentry pourrait manquer. Les chercheurs comparent cela à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin : Sentry-II serait capable de réduire la taille de la botte de foin.

Des ripostes à l’étude

Détecter une possible collision c’est une chose, encore faut-il ensuite prendre des mesures. Or, la NASA et l’ESA viennent justement de lancer leur premier impacteur d’astéroïde pour un test grandeur nature : la mission DART doit dévier de sa trajectoire le gros astéroïde Didymos (780 mètres de diamètre) afin d’estimer la faisabilité de cette solution en cas de danger. D’autres sont à l’étude, comme la destruction de l’astéroïde ou, pour des objets qui auraient un impact régional et dont on connait les zones à risque, l’évacuation des populations concernées.

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