La hausse des coûts de l’énergie accentue la pression sur la BCE pour qu’elle relève ses taux d’intérêt


Principaux renseignements

  • La hausse des coûts énergétiques et l’inflation sous-jacente poussent la Banque centrale européenne (BCE) à intervenir.
  • Les investisseurs s’attendent à une hausse des taux d’intérêt de 25 points de base demain.
  • La révision à la baisse des prévisions de croissance laisse présager une reprise économique fragile.

À l’approche de la décision de la BCE sur les taux d’intérêt, l’attention s’est principalement portée sur la hausse des coûts de l’énergie et son potentiel à déclencher des pressions inflationnistes secondaires. La BCE ayant pour mandat strict de maintenir l’inflation proche de 2 pour cent, la récente hausse des indices des prix globaux et sous-jacents a rendu urgente une intervention politique.

Forte hausse des prix de l’énergie

Le paysage financier est actuellement mis à rude épreuve par une flambée annuelle de 10,9 pour cent des prix de l’énergie, qui a poussé l’inflation globale dans la zone euro à 3,2 pour cent en avril. Compte tenu de sa forte dépendance vis-à-vis des importations d’énergie, la région reste très vulnérable à la volatilité des marchés pétroliers causée par le conflit en Iran.

De plus, l’inflation sous-jacente a atteint 2,5 pour cent en avril, en grande partie à cause de la hausse des dépenses dans le secteur des services, ce qui, selon les décideurs politiques, pourrait signaler le début d’un cycle inflationniste plus large.

Un exercice d’équilibre délicat 

Malgré ces pressions, le Conseil des gouverneurs doit trouver un équilibre délicat, car un resserrement agressif pourrait faire basculer l’économie fragile de la région dans une récession à grande échelle.

Quoi qu’il en soit, les anticipations restent élevées quant à la mise en œuvre par la banque d’une hausse de 25 points de base, portant le taux de dépôt à 2,25 pour cent. Les investisseurs anticipent actuellement un total de trois hausses de taux d’ici la fin de l’année.

Évolution des prévisions économiques

Les analystes de marché s’intéressent de près aux prévisions actualisées de la BCE concernant la croissance économique et l’inflation. Sven Jari Stehn, de Goldman Sachs, suggère que les projections de croissance pour 2026 et 2027 seront probablement revues à la baisse, tandis que les objectifs d’inflation seront revus à la hausse pour tenir compte des chocs énergétiques persistants.

De même, Anatoli Annenkov, de la Société Générale, note que les perspectives d’inflation sous-jacente pour 2027 révéleront à quel point la banque s’inquiète de la hausse persistante des prix malgré le ralentissement de l’activité économique.

Anticipations d’un resserrement continu

Dans le même ordre d’idées, Marc Wall, de Deutsche Bank Securities, estime que la banque maintiendra sa trajectoire actuelle. Il fait valoir que la BCE ne peut se permettre de considérer la hausse de juin comme un événement isolé, laissant entendre qu’une série cohérente de hausses est plus probable.

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