Principaux renseignements
- La Banque centrale européenne (BCE) a restreint les lancements de produits de Revolut afin de remédier à des lacunes internes en matière de conformité et de gestion des risques.
- L’autonomie agressive de l’entreprise alimente une croissance rapide mais se heurte fréquemment à des réglementations financières strictes.
- Des hausses massives des bénéfices et de nouvelles licences mondiales propulsent Revolut vers une valorisation estimée à 200 milliards de dollars (175 milliards d’euros).
L’année dernière, la BCE a mis en place une surveillance stricte de la division européenne de Revolut. Ces mesures ont été motivées par des inquiétudes concernant la rapidité avec laquelle le géant de la fintech approuvait et lançait de nouvelles offres financières. En conséquence, la BCE a temporairement suspendu la capacité de l’entreprise à introduire de nouveaux produits au sein de l’Espace économique européen (EER) jusqu’à ce que les failles de ses systèmes d’approbation internes soient corrigées. La banque a en outre été contrainte de se soumettre à un audit externe de ses cadres juridiques, de conformité et de gestion des risques. C’est ce qu’indique le Financial Times.
Chocs culturels
Au-delà de l’Union européenne, les restrictions étaient encore plus sévères, interdisant à l’entreprise d’acquérir d’autres sociétés ou d’étendre sa clientèle en dehors de la région. Ces obstacles réglementaires remettaient directement en cause le style de gestion du PDG Nik Storonsky, qui encourage ses employés à fonctionner comme des « missiles autoguidés », leur accordant une grande autonomie pour innover rapidement avec un minimum de supervision.
Si cette approche agressive a propulsé la valorisation de Revolut au-dessus de celle de nombreuses banques établies, elle a souvent mis l’entreprise en conflit avec les autorités de surveillance financière.
Une réglementation européenne stricte
Les frictions entre Revolut et la BCE mettent en évidence un conflit plus large entre la croissance disruptive des fintechs et la nécessité d’assurer la protection des consommateurs et la stabilité systémique. De plus, cela met en lumière le débat sur la question de savoir si le climat réglementaire strict de l’Europe entrave l’émergence de champions technologiques mondiaux par rapport aux États-Unis.
Malgré ces tensions, Revolut continue de se développer, ayant récemment annoncé une augmentation de 57 pour cent de son bénéfice avant impôts, à 1,7 milliard de livres sterling (2 milliards d’euros), pour un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de livres sterling (5,2 milliards d’euros), au service d’environ 75 millions d’utilisateurs.
Réformes internes
Pour se conformer aux exigences de la BCE, Revolut a dû évaluer l’indépendance et l’expertise de son personnel impliqué dans l’approbation des produits. L’autorité de régulation a également insisté pour que les nouvelles initiatives soient examinées par des spécialistes internes et que le conseil d’administration analyse soigneusement l’impact de ces produits sur la liquidité et les fonds propres de l’entreprise.
Une source proche de l’entreprise indique que les processus internes ont depuis été améliorés. Bien qu’il ne soit pas certain que toutes les restrictions aient été entièrement levées, Revolut a continué à élargir son offre européenne pour y inclure des prêts hypothécaires et des comptes pour les jeunes.
Ambitions mondiales
Les ambitions de l’entreprise restent vastes, avec pour objectif de finir par entrer en bourse avec une valorisation de 200 milliards de dollars (175 milliards d’euros) — un chiffre qui dépasserait celui de grandes institutions telles que Santander et UBS. Après une période de tensions avec les autorités britanniques, l’entreprise a finalement obtenu cette année une licence bancaire britannique complète.
Parallèlement, Revolut poursuit son expansion mondiale, après avoir obtenu une licence au Mexique et déposé une demande d’agrément aux États-Unis. Lors d’un récent tour de table, la société a atteint une valorisation de 115 milliards de dollars (100 milliards d’euros), ce qui la positionne comme l’une des entités financières les plus valorisées d’Europe.
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